** LE POINT SUR LES MARCHÉS à la clôture en Europe **

lundi 8 décembre 2014 17h54
 

LONDRES, 8 décembre (Reuters) - Les Bourses européennes ont cédé du terrain
lundi, l'abaissement de la note de crédit de l'Italie ayant servi de piqûre de
rappel sur la morosité persistante de l'économie réelle dans la zone euro,
tandis que les cours du pétrole poursuivent leur dégringolade.
    À Paris, le CAC 40 a perdu 1,0% (44,00 points) à 4.375,48 points. Le
Footsie britannique, plombé par les valeurs pétrolières, a reculé de
1,05% et le Dax allemand de 0,72%, tandis que l'indice EuroStoxx 50
 a baissé de 0,9% et le FTSEurofirst 300 de 0,57%.    
    A la dégradation de la note souveraine de l'Italie, que l'agence Standard &
Poor a ramenée vendredi soir un échelon seulement au-dessus de la catégorie
spéculative ("junk") à BBB-, se sont ajoutées lundi de nouvelles
incertitudes sur l'économie mondiale liées à des statistiques jugées décevantes
en provenance de Chine et du Japon.
    Ces dernières - le recul inattendu des importations chinoises en novembre
 et la contraction plus prononcée que prévu du PIB japonais au
troisième trimestre - n'empêchent toutefois pas les indices S&P
et Dow Jones d'évoluer tout près de leurs records de clôture de vendredi à Wall
Street, où le marché reste dopé par la vigueur de l'économie américaine.
    Membre du Conseil des gouverneurs de la Banque centrale européenne (BCE),
Ewald Nowotny a jugé lundi que l'économie de la zone euro était en revanche
confrontée à un "affaiblissement massif". Le gouverneur de la banque centrale
autrichienne a ajouté qu'un assouplissement quantitatif (QE) pouvait jouer un
rôle précieux dans la lutte contre cet affaiblissement. 
    Ces propos ont été accueillis comme un signe supplémentaire de rachats à
venir de dettes souveraines de la part de la BCE, ce qui a contrebalancé les
effets de la dégradation de la note italienne. La Bourse de Milan a
ainsi suivi le mouvement des autres places européennes, en recul de 0,7%.
    Les taux des obligations à 10 ans des Etats de la zone euro ont reculé et
l'euro s'est replié face au dollar à un plus bas de deux ans et demi après les
déclarations d'Ewald Nowotny, avant de remonter juste en-dessous de 1,23 dollar.
    Pénalisés par la vigueur du dollar, les cours du pétrole continuent pour
leur part de chuter. Le Brent recule de plus de 3% à 66,50 dollars le
baril, son plus bas niveau en plus de cinq ans, alors que Morgan Stanley a revu
à la baisse sa prévision de cours pour 2015 à 70 dollars.
    Cette chute des cours du pétrole depuis le début de l'été continue
d'affaiblir les valeurs pétrolières. Royal Dutch Shell a perdu 2,5%, BP
 1,7%, Total 1,88% et ENI 3,42%.
    L'indice paneuropéen sectoriel des hydrocarbures a perdu environ 23%
depuis juin, soit environ 240 milliards de dollars de capitalisation boursière,
ce qui est davantage que la valeur globale de Shell, leader européen du secteur,
sur le marché, montrent les données Thomson Reuters.
    La plus forte chute de l'EuroFirst 300 lundi a toutefois été enregistrée par
Saint-Gobain, qui a cédé 6,24% après avoir annoncé un projet
d'acquisition de la holding de contrôle du chimiste suisse Sika, qui
s'est déclaré très hostile à l'opération. Le titre du groupe
suisse a plongé de près de 22%.
    * Tableau des principaux marchés mondiaux : 
    
    
    

 (Alistair Smout et Sam Wilkin; Bertrand Boucey pour le service français, édité
par Véronique Tison)