LEAD 1-Italie - S&P ramène sa note un cran au-dessus du "junk"

vendredi 5 décembre 2014 21h24
 

(Actualisé avec contexte)

ROME, 5 décembre (Reuters) - Standard & Poor's a annoncé vendredi avoir abaissé la note souveraine de l'Italie de "BBB" à "BBB-", la ramenant ainsi à un cran au-dessus de la catégorie spéculative, estimant que la faible croissance du pays ainsi que sa compétitivité détériorée mettaient en péril la viabilité de sa colossale dette publique.

Ce déclassement est un coup dur pour le président du Conseil Matteo Renzi, arrivé au pouvoir en février avec l'ambition de sortir la troisième puissance économique de la récession.

Standard & Poor's attaché une perspective "stable" à la note souveraine de l'Italie, se disant convaincue que le gouvernement mettra en oeuvre des réformes, notamment budgétaires, permettant de favoriser la croissance.

Mais l'agence de notation ne prévoit désormais plus qu'une croissance limitée à 0,2% l'année prochaine, tout en disant anticiper une hausse annuelle moyenne de 0,5% du produit intérieur brut (PIB) sur la période 2014-2017.

Lors que S&P avait confirmé la note "BBB" début juin, elle avait retenu comme hypothèse une croissance de 1,0% par an sur cette période.

L'économie italienne devrait à nouveau se contracter en 2014 et ce pour la troisième année de suite.

Certains analystes s'étonnent de la décision de S&P, notant que les coûts de financement de l'Italie sont à un plus bas historique, dans la perspective de voir Banque centrale européenne (BCE) mettre en place une forme d'assouplissement quantitatif.

Le Trésor italien s'est refusé à tout commentaire.

L'endettement de l'Italie, qui représente 132% du PIB du pays, le ratio le plus élevé de la zone euro après celui de la Grèce, devrait, selon S&P, atteindre 2.256 milliards d'euros d'ici la fin de 2017, soit 80 milliards de plus que ce l'agence avait prévu en juin.

"Une telle hausse de l'endettement, combinée à une croissance qui reste atone et une compétitivité affaiblie ne sont pas compatibles avec une note "BBB", précise S&P. (Gavin Jones, Benoit Van Overstraeten pour le service français)