Un QE en Europe aurait du bon, juge Fischer (Fed)

jeudi 4 décembre 2014 10h29
 

MILAN, 4 décembre (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) serait bien avisée de suivre l'exemple de la Réserve fédérale américaine et de racheter des obligations gouvernementales pour stimuler l'activité dans la zone euro, déclare Stanley Fischer, vice-président de la Fed, dans une interview publiée jeudi par le quotidien italien La Repubblica.

"Les mêmes arguments en faveur d'un assouplissement quantitatif (QE) qui ont démontré leur efficacité aux Etats-Unis sont valables pour l'Europe. Si la BCE s'oriente dans cette direction, cela aura des effets positifs", affirme-t-il.

A quelques heures de la réunion du conseil des gouverneurs de la BCE, Stanley Fischer juge que le président Mario Draghi est confronté à une "position doublement difficile, tant vis-à-vis de la situation économique de la zone euro que de la capacité de prise de décision de la BCE".

Il n'y a pas de "baguette magique" et la BCE ne doit pas se limiter à un assouplissement quantitatif, ajoute-t-il en estimant que les banques doivent parallèlement renforcer leurs fonds propres.

"L'économie américaine ne serait pas là où elle est aujourd'hui si la Fed n'avait pas organisé dès le début 2009 des tests de résistance, qui ont contraint les banques à se recapitaliser. Les Européens doivent s'en inspirer", estime-t-il.

Le vice-président de la Fed ne s'inquiète pas, en revanche, des conséquences de la chute des cours du pétrole sur l'inflation.

"C'est un sujet compliqué. D'un côté, il est inquiétant que l'inflation ne soit pas à 2%, car une inflation à zéro peut justifier d'avoir des taux d'intérêt négatifs. Mais s'agissant du pétrole, je ne suis pas inquiet.

"C'est une désinflation temporaire, qui rend les consommateurs de pétrole plus riches et aide donc la croissance. S'il existe une bonne déflation et une mauvaise déflation, la baisse des cours du pétrole est à ranger dans la première catégorie." (Silvia Aloisi, Véronique Tison pour le service français)