PMI-Une contraction se profile début 2015 dans la zone euro

mercredi 3 décembre 2014 10h45
 

(Actualisé avec les données britanniques)
    PARIS/LONDRES/BERLIN, 3 décembre (Reuters) - Principaux
résultats, publiés mercredi, des enquêtes Markit auprès des
directeurs d'achat du secteur des services en Europe : 
    
    * ZONE EURO - RISQUE DE CONTRACTION DEBUT 2015
    LONDRES - L'activité dans le secteur privé a connu en
novembre une croissance encore plus lente que prévu, et ce en
dépit des fortes baisses sur les prix consenties par les
entreprises, renforçant le risque d'une contraction économique
au début de l'an prochain.
    L'indice composite définitif des directeurs d'achats de
Markit est ressorti 51,1, contre 52,1 en octobre, 52,0 en
septembre et une estimation "flash" de 51,4.
    "La zone euro file tout droit vers une maigre hausse de 0,1%
du produit intérieur brut (PIB) au quatrième trimestre, avec une
forte probabilité de quasi-stagnation voire de nouvelle
contraction au début de l'année prochaine à moins de signes de
frémissement de la demande", a déclaré Chris Williamson, chef
économiste chez Markit.
    Novembre marque le dix-septième mois de suite d'un indice
PMI composite supérieur à la barre des 50 qui sépare croissance
et contraction d'un activité.
    Mais la composante nouvelles affaires est tombée sous cette
barre pour la première fois depuis la mi-2013, à 49,7 contre
50,8 en octobre, ce qui ne présage rien de bon pour décembre.
    L'indice du seul secteur des services est revenu à 51,1
contre 52,3 en octobre et une estimation "flash" de 51,3, au
plus bas depuis 11 mois.
    Les entreprises ont encore réduit leur prix en novembre,
comme elles le font désormais depuis trois ans, avec une
composante prix ressortie à 47,1.
    
    * ALLEMAGNE-LA CROISSANCE DU SECTEUR PRIVÉ RALENTIT ENCORE
    BERLIN - Le secteur privé allemand a enregistré en
novembreson 19e mois consécutif de croissance, mais à un rythme
au plus bas depuis 17 mois, ce qui laisse entrevoir la
perspective d'une modeste progression du produit intérieur brut
(PIB) de la première économie d'Europe sur l'ensemble de
l'année. 
    L'indice PMI composite, qui rassemble le secteur
manufacturier et celui des services, est revenu à 51,7 contre
53,9 en octobre et 54,1 en septembre. Il est inférieur à la
première estimation publiée fin octobre, qui le donnait à 52,1.
    Celui des services est tombé à 52,1, un creux de 16 mois,
après 54,4 en octobre et 55,7 en septembre.
    "L'indice PMI composite suggère que l'économie allemande va
connaître, au mieux, un trimestre de croissance marginale. Les
craintes d'une nouvelle contraction se sont plus fortes", a noté
Oliver Kolodseike, analyste chez Markit.
    Il y a près de deux mois, le gouvernement allemand a revu à
la baisse ses prévisions de croissance pour cette année et l'an
prochain, à 1,2% et 1,3% respectivement, contre 1,8% et 2,0%
auparavant, arguant de l'impact des conflits en Ukraine et au
Moyen-Orient et du ralentissement des marchés à l'exportation.
 
    
    * FRANCE - NOUVELLE BAISSE DE L'ACTIVITÉ DU PRIVÉ
    PARIS - L'activité dans le secteur privé français s'est
contractée en novembre à son rythme le plus fort depuis neuf
mois, les services accusant un net recul, selon les résultats
définitifs de l'enquête PMI publiés mercredi par Markit.
    L'indice composite, qui combine des éléments de l'indice de
l'industrie manufacturière publié lundi à 48,4 et de celui des
services, est ressorti à 47,9 contre 48,2 en octobre.
    Il est ainsi inférieur au niveau publié en première
estimation "flash" (48,4) est il reste sous la barre de 50.
    L'indice du secteur des services est lui aussi ressorti à
47,9 contre 48,3 en octobre et 48,8 en première estimation, ce
qui constitue là encore le repli le plus fort depuis neuf mois.
    "Les données PMI de novembre mettent en évidence un
renforcement de la contraction dans le secteur des services
français", souligne Jack Kennedy, économiste chez Markit. "La
conjoncture restant également difficile dans l'industrie
manufacturière, les mauvaises performances du secteur privé
devraient peser sur le niveau du PIB au quatrième trimestre."
    
    * GB - ACCÉLÉRATION PLUS FORTE QUE PRÉVU DANS LES SERVICES
    LONDRES - Allant à l'encontre de la tendance observée dans
nombre de pays de la zone euro, le secteur des services
britannique a vu son activité s'accélérer en novembre, ce qui
semble suggérer que le ralentissement de la croissance sera
peut-être moins marqué que prévu.
    L'indice Markit/CIPS est ainsi ressorti à 58,6, un niveau
supérieur aux prévisions de l'ensemble des économistes
interrogés par Reuters, contre 56,2.
    Une donnée similaire dans le secteur manufacturier, publiée
lundi, a également laissé entrevoir un rebond.
    Selon Markit, si on compile toutes les enquêtes PMI,
celles-ci pointent vers une croissance de 0,6% au quatrième
trimestre, contre une précédente estimation de 0,5%.
    "Une hausse plus forte que prévu dans les services vient
nous dire que les craintes d'un ralentissement brutal de
l'économie ont été exagérées", a déclaré Chris Williamson.
    L'indice composite rassemblant les services, l'industrie et
la construction est remonté à 57,8 après 56,4 en octobre, qui
avait représenté un creux de 17 mois.
    
    * ITALIE - HAUSSE PLUS MARQUÉE QUE PRÉVU DES SERVICES
    ROME - L'activité du secteur italien des services a augmenté
pour le deuxième mois de suite, et les entreprises se montrent
plus confiantes pour l'avenir, des éléménts de bon augure pour
le pays, entré dans sa troisième récession en six ans.
    L'indice PMI Markit/Adaci du secteur est remonté à 51,8,
contre 50,8 en octobre et 48,8 en septembre. Les 14 analystes
interrogés par Reuters avaient anticipé un indice médian de
50,2.
    Malgré la hausse de l'indice principal, certains composants,
comme celui des nouvelles affaires et celui de l'emploi, sont
ressortis en-deçà du seuil des 50.
    "Le secteur des services est parvenu à une modeste
croissance en novembre (...) Mais les carnets de commandes
continuent de diminuer assez vite (...)", souligne Phil Smith,
économiste chez Marit
    L'indice PMI composite, qui rassemble services et secteur
manufacturier, s'est établi à 51,2 après 50,4 en octobre. 
    
    * ESPAGNE - TREIZIÈME MOIS DE CROISSANCE DES SERVICES
    MADRID - Le secteur des services espagnol a signé en
novembre son treizième mois consécutif de croissance, mais à un
rythme qui est le moins marqué en un an, ce qui peut être un
signe que l'élan de la reprise bat de l'aile.
    L'indice PMI Markit sectoriel s'est ainsi établi à 52,7
contre 55,9 en octobre, 55,8 en septembre et 58,1 en août.
    "Novembre a été un mois difficile pour les prestataires de
services, avec un ralentissement de la croissance des nouvelles
affaires (...)", a noté Andrew Harker, économiste chez Markit.
    "Un point positif vient de l'indice d'activité future, qui
s'est maintenu, ce qui peut alimenter l'espoir que le
ralentissement de la croissance du mois de novembre n'était
qu'un accroc."
    L'économie espagnole a crû de 0,5% au troisième trimestre,
portée par un rebond de la consommation des ménages. Certains
économistes estiment cependant que le pays va pâtir du
ralentissement à l'oeuvre dans d'autres pays de la zone euro,
ses principaux partenaires commerciaux.
          
    * IRLANDE - NOUVELLE FORTE HAUSSE DU SECTEUR DES SERVICES
    DUBLIN - La croissance du secteur irlandais des services est
restée solide en novembre, ce qui suggère que l'économie du pays
connaît toujours une vive hausse de son activité.
    L'indice PMI des services a légèrement augmenté, passant de
61,5 en octobre à 61,6, se rapprochant ainsi du pic de sept ans
atteint en juin à 62,6. Il se maintient au-dessus de 60 depuis
neuf mois maintenant et n'est pas retombé sous le seuil de 50
depuis juillet 2012.
    L'indice équivalent pour le secteur manufacturier est
ressorti à 56,2, en légère baisse par rapport au niveau de 56,6
du mois d'octobre, mais au-dessus de la barre des 50 pour le
dix-huitième mois d'affilée.
    L'économie irlandaise devrait croître de près de 5% cette
année, ce qui serait la meilleure performance des pays de
l'Union européenne.
    La composante des nouveaux contrats à l'exportation a encore
reculé, revenant à 60,0 après 60,6 en octobre et 64,2 en
septembre, une baisse qui semble indiquer que les entreprises
irlandaises ne sont pas totalement à l'abri d'un ralentissement
économique de la zone euro dans son ensemble.
    En revanche, la composante emploi est à un pic de plus de
huit ans.

 (Benoit Van Overstraeten pour le service français, édité par
Wilfrid Exbrayat)