LEAD 1-Grèce-Samaras presse Syriza d'éviter des législatives anticipées

samedi 29 novembre 2014 23h26
 

ATHENES, 29 novembre (Reuters) - Le Premier ministre conservateur grec Antonis Samaras invite instamment Syriza, la plus importante composante de l'opposition, à se montrer conciliante lors de l'élection d'un nouveau président grec, afin d'éviter des législatives anticipées et une période d'instabilité "dévastatrice".

Dans un article à paraître dans l'édition dominicale du journal Ethnos, le chef du gouvernement avertit que s'il n'est pas possible d'élire un nouveau chef de l'Etat au début de l'année prochaine, le pays plongera dans l'instabilité politique et entrera dans une longue période sans gouvernement. Or, le pouvoir en place a besoin du soutien de l'opposition pour surmonter l'élection du chef de l'Etat, qui incombe aux députés.

Syriza, formation de gauche qui est en tête dans les sondages, a promis de s'opposer au candidat du gouvernement au poste de chef de l'Etat, estimant pour sa part que des législatives anticipées seraient la seule voie pour le peuple grec.

Le gouvernement contrôle 155 des 300 députés de la Vouli, le parlement monocaméral. Le candidat de la coalition en place a besoin des voix d'au moins 180 députés pour se faire élire.

"Ils (les dirigeants de Syriza) ne doivent pas acculer le pays à des élections anticipées du fait du scrutin présidentiel, car cela engendrera de l'instabilité alors même que nous sommes près de sortir de la crise", écrit Antonis Samaras. "S'ils veulent que nous nous coordonnions et que nous voyions comment élire ensemble un président, une coordination nationale est envisageable", continue-t-il.

Après pratiquement cinq ans d'austérité et d'aide financière insufflées par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI), la Grèce émerge lentement de la récession.

Mais les projets de sortie d'ici la fin de l'année de l'impopulaire plan d'aide de l'UE et du FMI semblent remis en question, Athènes et ses bailleurs de fonds internationaux n'étant pas parvenus à ce jour à surmonter leurs divergences relatives au déficit budgétaire projeté l'an prochain en Grèce.

"L'accord politique sur la période d'après le plan d'aide doit être conclu en décembre. Nous y travaillons avec acharnement", expliqué Antonis Samaras dans l'article d'Ethnos.

Dans une interview au journal Kathimerini, le gouverneur de la Banque centrale de Grèce, Yannis Stournaras, estime qu'Athènes et ses créanciers internationaux doivent faire preuve de souplesse afin de conclure un accord "sans attendre". (Renee Maltezou; Eric Faye pour le service français)