Les fonds en actions zone euro plombés par l'économie en octobre

lundi 24 novembre 2014 16h07
 

* La hausse des fonds commercialisés en France ralentit en
octobre
    * Progression de +5,6% sur janvier-octobre, contre +6,3% sur
janvier-septembre
    * Recul de 1,8% pour les fonds en actions de la zone euro
    * Décollecte de 2,26 mds d'euros en octobre pour les fonds
actions

    par Alexandre Boksenbaum-Granier
    PARIS, 24 novembre (Reuters) - Les fonds commercialisés en
France ont été pénalisés au mois d'octobre par les incertitudes
entourant les perspectives économiques mondiales et plus
particulièrement celles de la zone euro, leur progression
ralentissant malgré la solidité des résultats d'entreprises.
    L'Organisation de coopération et de développement
économiques (OCDE) vise une croissance de 0,8% cette année en
zone euro et de 1,1% en 2015, la région continuant à montrer des
signes de ralentissement, contre respectivement +2,2% et +3,1%
pour les Etats-unis. et 
    "Au début de l'année, le consensus tablait sur une reprise
économique. Dès l'été, les données économiques publiées ont mis
en doute ce scénario, générant un repositionnement des
investisseurs (...)", constate David Kalfon, président fondateur
d'Amaïka AM.
    "En Europe, les mauvaises nouvelles proviennent cette
fois-ci de la partie 'core' de la zone euro et non plus de la
périphérie, laissant penser que le mal n'est pas restreint à
quelques pays d'Europe du Sud qui auraient péché par négligence
budgétaire", relève-t-il.
    L'indice SBF 120 dividendes réinvestis a reculé de
3,7% en octobre après un gain de 5,6% sur les neuf premiers mois
de l'année malgré l'intervention dès le mois d'octobre de la BCE
et des résultats d'entreprises jugés rassurants en Europe au
titre du troisième trimestre. 
    
    L'EUROPE, TOUJOURS À LA RECHERCHE DE CROISSANCE
    Dans le sillage de la Bourse, la hausse des fonds vendus en
France a toutefois décéléré à +5,6% sur les 10 premiers mois de
l'année, contre +6,3% sur janvier-septembre, montrent les
données compilées par Lipper, filiale de Thomson Reuters. 
    La période est ainsi marquée par la contre-performance des
gestions investies en actions de la zone euro (-1,8% sur
janvier-octobre contre +2,7% en janvier-septembre). Une
situation à mettre en parallèle avec la bonne santé des fonds
spécialisés dans les actions émergentes (+11,6% contre +10%) et
américaines (+16% contre +14%).
    Déterminée à relancer la croissance dans la zone euro, la
Banque centrale européenne a commencé à acheter des obligations
sécurisée en octobre en plus d'opérations de refinancement à
long terme ciblées (TLTRO). Son président Mario Draghi vient
également d'ouvrir la voie à des initiatives de politique
monétaire plus radicales. 
    Depuis début novembre et les interventions de la BCE, le SBF
120 dividendes réinvestis affiche un gain de 3,7%.
    "L'Europe est toujours à la recherche de la croissance : la
France et l'Italie inquiètent, tandis que l'Allemagne peine à
rassurer dans un contexte géopolitique incertain à l'est du
continent", remarque Neuflize OBC dans la lettre de
son conseil en investissements.
    "Trimestre après trimestre, l'économie américaine montre sa
solidité : la confiance des agents économiques est solide et le
taux de chômage est bas, malgré des doutes quant au niveau de
sous-emploi de la population", ajoute la banque.
    Ce contexte a permis au S&P 500 de multiplier les records
ces dernières semaines, l'indice dividendes réinvestis 
gagnant 2,4% en octobre et encore 2,5% depuis.
    Sur le plan de la collecte, cette situation a en revanche
incité les investisseurs à prendre leurs bénéfices et à sortir
des fonds investis en actions américaines.
    La décollette nette a ainsi atteint 1,18 milliard d'euros
sur cette catégorie de fonds, montre un extrait de la dernière
note mensuelle d'EuroPerformance, portant à 2,26 milliards
d'euros les retraits sur le compartiment actions des fonds de
droit français.
    Selon l'agence spécialisée dans la mesure de la performance
des fonds d'investissements et dans l'analyse du marché de la
gestion collective, l'ensemble du marché français a enregistré
8,6 milliards d'euros de souscriptions nettes, soutenu par les
11,1 milliards d'euros de collecte dans les fonds de trésorerie.
    
    TABLEAU DE LA PERFORMANCE DES FONDS À FIN OCTOBRE
  Catégorie   Nombre    YOD   Jan-Sept.  Sur un an  Volatilité
  d'actifs                               glissant    sur 3 ans
  -----------------------------------------------------------
 Alternatifs      330    2,5        3,1        3,3          5,5
 Obligataire    1.879    7,6        7,2        6,9          5,2
 Matières          34   -2,0       -1,0       -3,5         11,0
 premières                                          
 Actions        3.665    6,5        7,7        7,5         14,1
 Diversifié     1.556    3,2        4,6        3,9          6,7
 Monétaire        470    1,8        1,7        1,6          1,5
 Autre             41   -0,9        0,9       -0,3         11,7
 Immobilier         1   -8,8      -12,3      -16,0         22,7
  -----------------------------------------------------------
 Total          7.976    5,6        6,3        6,1          9,6
    Source : Lipper IM
    (A l'exception du nombre de fonds, les données sont en %)

    * Le POINT sur la gestion d'actifs en France 
    

 (Edité par Dominique Rodriguez)