Le plan de Juncker pour l'Union européenne présenté mercredi

vendredi 21 novembre 2014 20h01
 

BRUXELLES, 21 novembre (Reuters) - Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker dévoilera mercredi les détails de son plan d'investissement de 300 milliards d'euros destiné à relancer la croissance économique dans l'Union européenne.

Le principe de ce plan très attendu, qui doit redonner confiance à des électeurs désenchantés, avait été annoncé en juillet. Lors de son investiture il y a trois semaines, l'ancien Premier ministre luxembourgeois a promis de concrétiser son projet.

Le Parlement européen ayant confirmé vendredi que le plan lui serait présenté mercredi à Strasbourg à 09h00 (0800 GMT), les responsables de l'Union européenne se préparaient à un studieux week-end de négociations.

Il reste notamment à préciser quel sera le montant véritablement investi par l'UE. Certaines sources ont parlé d'un investissement limité à 20-30 milliards d'euros dans une structure ad hoc supervisée par la Banque européenne d'investissement (BEI).

Cette structure de base, qui prendrait à sa charge d'éventuelles pertes, serait chargée d'attirer du capital privé venant s'investir dans de grands projets d'infrastructures. Certains parlent de sommes privées représentant dix à 15 fois la mise publique.

L'agenda de la semaine européenne sera particulièrement chargé. Le résultat de l'examen des projets de budgets 2015 des Etats membres, attendu lundi, devrait en principe être repoussé à mardi, après une réunion de la Commission européenne à Strasbourg.

La France et l'Italie risquent d'être pénalisées en raison de leurs déficits persistants. Le commissaire européen allemand, Günther Oettinger, a déclaré qu'un feu vert au projet de budget de la France pour 2015 ne serait acceptable que s'il s'accompagnait de contreparties sur les réformes.

La Commission se penchera aussi le budget 2015 de l'UE, le précédent projet ayant dû être remanié en raison d'un différend entre les Etats membres et le Parlement.

Certains Etats veulent récupérer des sommes inscrites dans le budget de l'UE pour réduire leurs déficits, ce à quoi le Parlement est opposé.

Enfin, une motion de censure, déposée par certains Eurosceptiques contre Jean-Claude Juncker pour le rôle de son pays dans l'affaire LuxLeaks - le Luxembourg aidant de grandes entreprises à échapper à l'impôt -, a peu de chance de trouver les deux-tiers des voix nécessaires pour renverser la Commission. Elle sera examinée à partir de lundi au Parlement européen. (Jan Strupczewski et Alastair Macdonald; Danielle Rouquié pour le service français)