Doutes sur la capacité de la BCE à relancer le marché des ABS

jeudi 20 novembre 2014 15h39
 

par John O'Donnell et Eva Taylor

FRANCFORT, 20 novembre (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) doit débuter vendredi ses achats de titres adossés à des actifs (ABS) mais sa capacité à ranimer ce marché mis à mal par la crise financière de 2008-2009 suscite des doutes y compris en son sein.

Les ABS, valeurs mobilières adossées à un portefeuille de titres de créances présentant des niveaux de risque différenciés, ont été tenues pour responsables de l'éclatement de la crise financière de 2008-2009, lorsque les bénéficiaires de prêts immobiliers américains à haut risque (subprime) entrant dans la composition de certaines d'entre elles se sont révélés incapables de les rembourser.

La BCE, qui vient de publier les modalités de ses interventions sur le marché des ABS, considère que ces instruments peuvent aujourd'hui contribuer à relancer le crédit aux entreprises, en panne dans une zone euro dont l'économie stagne et qui est menacée par la déflation.

En cédant des crédits, les banques retrouveront des capacités de prêts, ce qui permettra de relancer les financements et l'activité.

La BCE estime que les risques sur ce type d'instruments seront limités, car ce type de prêts comme les crédits auto ou ceux liés à des cartes de crédit, sont généralement remboursés en Europe et leur titrisation sera plus simple et lisible que celle des subprime aux Etats-Unis.

Le programme est l'un des piliers de la stratégie du président de la BCE, Mario Draghi, visant à en augmenter le bilan jusqu'à 1.000 milliards d'euros supplémentaires. S'il ne donne pas les résultats escomptés, les pressions pour que la BCE se lance dans une véritable politique d'assouplissement quantitatif impliquant l'achat de dettes souveraines s'en trouveront renforcées.

Régulateurs et investisseurs ne cachent pourtant pas leurs scepticisme et, même au sein de la BCE, les espoirs sont mitigés, ont dit plusieurs sources au fait des discussions au sein de la banque centrale.

Afin de limiter les risques, la BCE n'envisage d'acheter que les parts les plus sécurisées de ces instruments (tranches seniors), espérant que d'autres investisseurs acquerront les parts plus risquées.   Suite...