Total va fermer une unité de lubrifiants à Gonfreville-sources

mercredi 19 novembre 2014 19h19
 

par Michel Rose

PARIS, 19 novembre (Reuters) - Total a l'intention de fermer une unité d'huiles de base, principal composant des lubrifiants, dans sa raffinerie de Gonfreville en Normandie, ce qui se traduira par la suppression d'une cinquantaine de postes sans licenciement, a-t-on appris mercredi de sources syndicales.

Selon la CGT, la capacité de production d'huiles de base à Gonfreville devrait ainsi être réduite de moitié, passant à 800 tonnes par jour contre 1.600 tonnes actuellement, et la production sera recentrée sur des huiles de base de plus hautes qualités destinées à l'automobile.

Le groupe pétrolier réunira vendredi les représentants syndicaux du site de Gonfreville, où il a investi plus d'un milliard d'euros ces trois dernières années.

"Un projet d'adaptation des spécialités de Normandie doit être présenté le 21 novembre aux instances représentatives", a seulement déclaré à Reuters un porte-parole de Total. "La priorité est de tirer le meilleur parti de cette plate-forme en réalisant les investissements et adaptations nécessaires."

Selon un représentant du syndicat CFDT, "une cinquantaine d'emplois sont concernés, sans licenciement" par la fermeture de l'unité d'huiles de base de Groupe I, des huiles minérales destinées notamment aux bateaux.

Les salariés, a-t-il précisé à Reuters, seront reclassés sur le site-même, qui emploie 1.700 personnes.

Le Groupe I est constitué d'huiles de base de qualité inférieure qui ne peuvent plus être utilisées pour les lubrifiants automobiles, dont les marges sont plus élevées.

Avec le durcissement de la réglementation environnementale en Europe, les huiles de base de Groupe II et de Groupe III, qui contiennent moins de soufre, ont pris la plus grosse part du marché des lubrifiants non industriels.

La mise en oeuvre de l'arrêt de cette unité de production est prévue pour l'automne 2015, a indiqué le représentant de la CFDT.

Des experts estiment qu'il est nécessaire de fermer plusieurs unités d'huiles de base de Groupe I en Europe, où les coûts de production sont élevés et les raffineries relativement petites par comparaison avec d'autres régions du monde. (Dominique Rodriguez pour le service français, édité par Pascale Denis)