Le n°1 du pétrole russe à Vienne juste avant la réunion Opep

lundi 17 novembre 2014 21h23
 

MOSCOU/CARACAS, 17 novembre (Reuters) - Rosneft, le premier producteur russe de pétrole, a annoncé lundi que son PDG, Igor Setchine, se rendrait à Vienne le 25 novembre, deux jours avant la réunion de l'Opep, un déplacement qui alimente les spéculations sur la volonté de Moscou d'une coordination avec le cartel pour enrayer la chute des cours.

De précédentes tentatives de la compagnie publique russe de se rapprocher de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole ont échoué mais la chute de près de 30% du prix du baril depuis juin, donne à la réunion ministérielle du 27 novembre une importance inhabituelle aux yeux des analystes.

Le Venezuela a déclaré lundi que son ministre des Affaires étrangères, Rafael Ramirez, avait rencontré à Moscou le ministre russe de l'Energie, Alexander Novak, pour débattre de "la nécessité de coordonner les actions de défense" des cours du pétrole.

Mais la Russie, principal exportateur mondial de brut en dehors de l'Opep, n'a pour l'instant fait aucune déclaration laissant entendre qu'elle pourrait se joindre à une éventuelle politique de réduction de la production, même si les cours actuels plombent son économie, déjà affaiblie par les sanctions liées à son rôle dans le conflit ukrainien.

Le pétrole et le gaz représentent la moitié des recettes budgétaires russes.

Le PDG de Rosneft, Igor Setchine, ancien vice-Premier ministre resté proche du président Vladimir Poutine, a participé à des réunions de l'Opep en 2008 et 2009 alors que les cours chutaient en pleine crise financière mondiale, mais la Russie n'a à l'époque pas franchi le pas d'une action coordonnée avec l'organisation.

Des analystes jugent que Moscou cherche toujours à resserrer ses liens avec d'autres producteurs de pétrole.

Plusieurs responsables du secteur pétrolier et de l'administration russes ont laissé entendre que la baisse du prix du baril résultait d'une politique coordonnée des Etats-Unis et de l'Arabie saoudite, le plus important membre de l'Opep.

Les traders sur le marché pétrolier, eux, sont divisés sur la capacité de l'Opep à parvenir à un accord sur des mesures de soutien aux cours la semaine prochaine.

La semaine dernière, le ministre saoudien du Pétrole, Ali al Naimi, a rompu un silence de plusieurs mois pour déclarer qu'il n'y avait aucune "guerre des prix" au sein du cartel. Il n'a toutefois donné aucune indication sur un possible soutien aux cours. (Katya Golubkova et Alexandra Ulmer, Marc Angrand pour le service français)