GRAPHES-Excès d'engouement nippon pour la dette française ?

lundi 17 novembre 2014 11h45
 

17 novembre (Reuters) - La France célèbre le Japon au fil des saisons et de l'oeuvre du "vieux fou de dessin"* et le Japon le lui rend bien, achetant sa dette publique avec enthousiasme même si un tel engouement n'est pas sans risque, comme l'Italie l'a appris à ses dépens.

La France bénéficie d'une base large et diversifiée d'investisseurs internationaux comprenant des banques centrales, des fonds souverains et de gros investisseurs d'Asie émergente, du Japon et du Moyen-Orient, détenant au 30 juin dernier 64,2% de l'encours de sa dette publique à long terme, selon le site internet de l'Agence France Trésor.

Parmi ceux-ci, seul le Japon publie des données complètes et à jour montrant que la dette française est perçue comme identique à de la dette allemande avec une prime bienvenue dans un contexte de faibles rendements qui a poussé les investisseurs nippons à substituer la première à la seconde au cours des derniers mois, relève Axa Investment Managers dans une récente note de recherche.

Graphique des achats/ventes nets de dettes souveraines allemande, française et italienne par les investisseurs nippons :

bit.ly/11iJ0JC

L'annonce, le mois dernier, par la Banque du Japon d'une augmentation de son programme d'assouplissement qualitatif et quantitatif ainsi que d'une diversification internationale de l'allocation d'actifs par le GPIF, le fonds de pension de la fonction publique japonaise et le plus important au monde avec 1.200 milliards de dollars d'actifs, pourraient encore amplifier ce mouvement.

L'augmentation des rachats d'actifs de la BoJ se traduira par un accroissement de la liquidité mondiale qui continue à circuler entre les pays grâce à la diversification internationale de portefeuille des banques et des investisseurs nippons.

Ainsi, le GPIF va certes réduire la part des obligations d'Etat japonaises dans son portefeuille, qui reviendra à 35% contre 60% actuellement pour renforcer le poids des actions japonaises et internationales, mais dans le même temps il portera la pondération des obligations étrangères à 15% de ses actifs.   Suite...