GB-Les politiques pourraient se saisir de l'affaire des taux de change

vendredi 14 novembre 2014 15h25
 

par Kirstin Ridley et Matt Scuffham

LONDRES, 14 novembre (Reuters) - Des dirigeants de banques et des responsables de l'autorité de régulation du secteur financier en Grande-Bretagne pourraient être convoqués devant une commission parlementaire britannique pour s'expliquer publiquement sur le règlement annoncé mercredi au sujet des soupçons de manipulation des taux de change.

Alerté par des informateurs, le régulateur britannique a enquêté pendant plusieurs mois sur des soupçons de manipulation du marché des changes, en grande partie non réglementé et qui brasse environ 5.300 milliards de dollars de transactions quotidiennes.

Avec ses homologues suisse et américaine, la FTA a imposé mercredi des amendes d'un montant total de plus de 4,3 milliards de dollars (3,4 milliards d'euros) à six banques, dont deux britanniques, HSBC et RBS.

Ces amendes n'ont toutefois pas éteint les interrogations sur le déroulement de l'enquête de la FTA ni sur le montant des pénalités susceptible de modifier effectivement la culture des intervenants sur les marchés financiers, jugés par une partie de l'opinion responsables de la crise de la fin des années 2000.

La commission du Trésor britannique (TSC), composée de parlementaires de tous bords, décidera la semaine prochaine d'organiser ou non des auditions sur cette affaire, a-t-on appris de sources politiques.

La TSC pourrait profiter de l'examen mercredi du rapport dirigé par la banque d'Angleterre sur les "marchés justes et efficaces" pour commencer à défricher le terrain en vue d'auditions futures sur le marché des changes.

Le président de la TSC, Andrew Tyrie, a déjà exprimé son indignation au sujet de ce scandale. Il juge que certaines banques ont atteint une telle taille qu'elles sont devenues incontrôlables par leurs propres dirigeants.

Il considère qu'il devrait être possible de différer sur de longues périodes le versement des revenus des traders en position de nuire à leurs employeurs, aux clients ou aux marchés. A ses yeux, si de tels traders sont convaincus de malversation, il devrait être possible de leur retirer définitivement leur licence.

D'autres membres de la TSC réclament que les amendes soient prélevées sur les primes et non sur les bénéfices et que des têtes tombent.

"Si j'étais le ministre chargé du secteur bancaire, je voudrais qu'on me dise qui va démissionner", a dit John Mann, de la TSC. "Des têtes devraient tomber au sommet." (Bertrand Boucey pour le service français, édité par Patrick Vignal)