LEAD 1-L'Allemagne évite de justesse la récession

vendredi 14 novembre 2014 09h24
 

(Actualisé avec précisions, réactions)

BERLIN, 14 novembre (Reuters) - L'Allemagne a évité de peu de plonger en récession au troisième trimestre 2014, son économie ayant connu une modeste croissance de 0,1% alimentée par une forte hausse de la consommation des ménages et une légère amélioration du commerce extérieur.

Certains économistes craignaient que la première économie européenne ne connaisse un deuxième trimestre consécutif de contraction de l'activité, ce qui constitue la définition technique d'une récession, après le recul constaté en avril-juin, lui-même révisé à -0,1% contre -0,2% initialement annoncé.

Avec une croissance du produit intérieur brut (PIB) de 0,1% sur la période juin-septembre, selon les données en première estimation publiées vendredi par l'Office fédéral des statistiques, l'Allemagne réussit une performance parfaitement conforme aux attentes des économistes interrogés par Reuters.

"L'Allemagne a échappé à la récession", constate Jörg Krämer, économiste chez Commerzbank, qui prédit toutefois une croissance encore très limitée au quatrième trimestre à la lumière des statistiques sur les commandes à l'industrie et de l'indice Ifo du climat des affaires publiés ces dernières semaines.

L'Office fédéral des statistiques précise que le principal moteur de la croissance au troisième trimestre a été la consommation des ménages, qui ont "fortement augmenté leurs dépenses", tandis que le commerce extérieur a donné "un léger effet positif au PIB".

En rythme annuel, le PIB a progressé de 1,2% au troisième trimestre, contre +1,0% au deuxième (révisé de +0,8%). Le consensus donnait +1,0%.

Avec son statut de première puissance économique du continent et des comptes publics en bien meilleur état que ceux de ses partenaires, l'Allemagne est soumise à des pressions de la part d'autres pays européens, dont la France, qui exhortent le gouvernement d'Angela Merkel à développer l'investissement public pour à la fois aider la zone euro à sortir du marasme économique et rénover les infrastructures du pays.

Pour Holger Sandte, économiste chez Nordea, ces demandes font sens si l'on considère les prévisions de croissance pour l'Allemagne en 2015, aux alentours de 1%. "On ne peut plus parler de 'locomotive de la croissance'", juge-t-il.

La fédération des chambres de commerce d'Allemagne, la DIHK, pousse elle aussi le gouvernement à changer de cap et à prendre des initiatives en faveur des entreprises. "Cela contribuerait à desserrer le frein sur l'investissement", a déclaré Martin Wansleben, directeur exécutif de la DIHK, en réaction aux chiffres du PIB.

Tableau des statistiques: (Stephen Brown et Michael Nienaber, Juliette Rouillon et Bertrand Boucey pour le service français, édité par Marc Angrand)