La BCE pourrait acheter des obligations d'Etat si nécessaire-Noyer

jeudi 13 novembre 2014 23h21
 

PARIS, 13 novembre (Reuters) - La Banque centrale européenne pourrait procéder à des achats de dette souveraine, voire d'obligations d'Etat, si les mesures qu'elles à déjà prises ne parviennent pas à faire repartir la croissance et l'inflation dans la zone euro, a déclaré le gouverneur de la Banque de France Christian Noyer.

Dans une interview à paraître vendredi dans Les Echos, il estime en outre que la déflation n'est pas "un risque crédible" pour les pays de la monnaie unique.

"Le risque est surtout celui d'une inflation trop faible, pendant trop longtemps", indique Christian Noyer, qui est membre du conseil des gouverneurs de la BCE.

Il laisse entendre clairement que, après le FMI et l'OCDE, la BCE devrait revoir en baisse ses prévisions de croissance pour la zone euro, ajoutant toutefois : "Mais cela n'empêche pas que notre scénario soit toujours celui d'un redressement économique."

Quant aux prévisions d'inflation, elles "dépendront des derniers développements liés aux prix de l'énergie."

Prié de dire dans quelles conditions la BCE pourrait décider de nouvelles mesures, comme elle l'a déjà indiqué si le besoin s'en faisant sentir, Christian Noyer répond : "Si nous constations que notre politique actuelle n'a plus d'effet."

"Je ne verrais aucun problème à ce que la BCE achète d'autres actifs et, si nécessaire, des emprunts d'Etat si, par exemple, les taux remontaient dans la zone euro à cause d'un resserrement de la politique monétaire aux Etats-Unis en 2015. Ou si l'économie de la zone subissait un nouveau choc défavorable, différant l'atteinte de notre objectif de prix", poursuit-il.

"S'il faut aller plus loin et que les conditions n'exigent pas d'acheter de la dette publique, on peut imaginer d'intervenir sur les obligations d'entreprises", indique-t-il encore.

Interrogé sur la France, le gouverneur de la Banque de France juge que l'orientation de la politique du gouvernement, à savoir la réduction du déficit structurel et le soutien à la croissance par les réformes, est "bonne" mais le rythme "insuffisant". (Yann Le Guernigou, édité par Véronique Tison)