LEAD 1-Des vétérans américains d'Irak poursuivent cinq banques

lundi 10 novembre 2014 18h55
 

(Complété avec des précisions)

NEW YORK, 10 novembre (Reuters) - Des soldats américains blessés en Irak et les familles de soldats tués ont porté plainte lundi contre cinq banques européennes qu'ils accusent de blanchiment d'argent iranien ayant financé les attaques dont ils ont été victimes.

La plainte a été déposée au tribunal de district de Brooklyn, à New York, par des avocats spécialistes des circuits de financement terroriste, au nom de plus de 200 vétérans et proches de victimes.

Les cinq banques sont Credit Suisse Group et les britanniques Barclays, HSBC Holdings, Standard Chartered et Royal Bank of Scotland Group.

Elles sont accusées d'avoir aidé l'Iran à contourner des sanctions américaines en permettant à des banques du pays de masquer des transactions, selon la plainte.

Ces banques iraniennes auraient ensuite fourni plus de 100 millions de dollars à deux groupes militants, la milice chiite Kataib Hezbollah et la Force de Qods, branche internationale des Gardiens de la Révoution islamique, qui opéraient en Irak à la solde de l'Iran.

Les plaignants invoquent une loi anti-terroriste ("Anti-terrorism Act") promulguée en 1992 qui permet à des victimes de poursuivre en justice les financiers présumés d'opérations militantes. C'est la première fois que cette loi est utilisée par d'anciens soldats américains pour poursuivre des banques.

Depuis 2009, les cinq banques mises en cause ont accepté de payer quelque 3,2 milliards de dollars (2,6 milliards d'euros) au gouvernement américain qui les accusait d'avoir contourné des sanctions visant des pays sur "liste noire" comme l'Iran, la Libye ou Cuba. A aucun moment un lien n'était présumé entre les transactions mises en cause et le financement d'opérations terroristes.

Les cinq banques n'ont pas réagi dans l'immédiat.

Pztrick Farr, un plaignant californien dont le fils Clay a été tué par une bombe sur une route irakienne en 2006, a affirmé que la procédure judiciaire lui "donnait le sentiment de pouvoir faire quelque chose, de pouvoir tenir quelqu'un comptable de sa mort." (Alison Frankel, Véronique Tison pour le service français, édité par Marc Angrand)