Le Crédit agricole repousse sa réorganisation-presse

lundi 10 novembre 2014 08h11
 

PARIS, 10 novembre (Reuters) - Le projet de réorganisation du groupe Crédit agricole, prévoyant le transfert de l'organe central du véhicule coté Crédit agricole SA (Casa) vers les caisses régionales, a été repoussé, rapporte lundi le journal Les Echos.

Selon le quotidien, le groupe bancaire espérait boucler sa réorganisation interne avant la prise en charge par la Banque centrale européenne (BCE) de la supervision des 130 établissements bancaires les plus importants de la zone euro.

"Ce chantier, très lourd et très technique, a pris du retard", écrivent Les Echos.

Le nouveau schéma placerait à la tête du groupe mutualiste une nouvelle structure autour de l'organe central, qui, comme l'actuelle SAS Rue La Boétie, porterait la participation des caisses régionales dans le capital de Casa, indique encore le journal précisant que cette nouvelle tête de groupe aurait le statut d'établissement de crédit.

Si les grandes lignes du projet font l'objet d'un consensus assez large, des points de blocage freinent toutefois l'avancée du projet, écrit le quotidien.

"En premier lieu, l'opération aurait un coût très élevé pour les caisses régionales, contraintes de dédommager les actionnaires de Casa du transfert de l'organe central. Plusieurs estimations ont été engagées, avec des résultats disparates. De sources concordantes, l'indemnisation s'élèverait à plusieurs milliards d'euros", croit savoir le journal.

A cela s'ajoutent des exigences réglementaires. Les autorités prudentielles voudront ainsi en profiter pour rendre l'équilibre des fonds propres entre les caisses régionales et la future tête de groupe plus homogène et plus lisible tandis que l'arrivée du nouvel organe de supervision des banques à l'échelle européenne ne va pas accélérer le calendrier.

"A ce jour, une loi sur la réforme du groupe n'est plus dans mon radar", a déclaré aux Echos un proche du dossier.

Personne n'était joignable dans l'immédiat au Crédit agricole pour un commentaire. (Alexandre Boksenbaum-Granier, édité par Matthieu Protard)