RPT-Wall Street s'interroge sur la bonne moisson des résultats du T3

lundi 10 novembre 2014 06h00
 

(Répétition sans changement d'une dépêche diffusée dimanche)
    par Caroline Valetkevitch
    NEW YORK, 10 novembre (Reuters) - La saison des résultats
qui arrive à son terme aux Etats-Unis devrait en principe avoir
ravi les investisseurs puisque le nombre d'entreprises ayant eu
des bénéfices supérieurs aux attentes a été le plus élevé depuis
2010.
    Mais certains analystes prêchent contre tout excès
d'optimisme en notant que le consensus n'a le plus souvent été
battu que de très peu au troisième trimestre.
    A ce stade, 88% des entreprises qui composent l'indice
Standard & Poor's 500 ont publié leurs trimestriels et,
parmi elles, 74% ont fait mieux qu'attendu, soit la meilleure
performance depuis le deuxième trimestre 2010, selon les relevés
de Thomson Reuters I/B/E/S. Mais si on exclut celles qui n'ont
dépassé le consensus que de 5% ou moins, le chiffre tombe à 43%,
selon les analystes de Patel.
    Pour Patel, ce pourcentage montre qu'un nombre croissant
d'entreprises "cherche à soigner leur taux de réussite",
peut-être pour masquer une faiblesse intrinsèque de leurs
résultats. Et, ajoute le cabinet, celles qui n'ont dépassé le
consensus que de 5% ou moins voient habituellement leur cours de
Bourse baisser dans les trois jours qui suivent la publication
des résultats.
    "Le taux de dépassement du consensus est artificiellement
élevé mais ce pourcentage reste très suivi par le marché. Les
gens achètent et le marché monte, c'est aussi simple que cela",
commente Patel.
    Depuis le 8 octobre et le début des publications du
troisième trimestre, le S&P-500 a progressé de plus de 3%.
Depuis son point bas du 15 octobre, il a rebondi de 9,1% pour
terminer vendredi à 2.031,92 points, nouvelle clôture record.
   
    PRÉVISIONS EN BAISSE 
    Autre signe de prudence, les analystes continuent de réduire
leurs estimations de résultats pour le quatrième trimestre et
pour le début 2015.
    La croissance des résultats sur les trois derniers mois de
l'année est maintenant estimée à 7,6%, alors qu'au 1er octobre
le consensus donnait une hausse de 11,1%, selon les données de
Thomson Reuters. Et pour le premier trimestre, la prévision de
croissance des résultats est passée de 11,5% au 1er octobre à
8,8% actuellement.
    De plus, le rythme de baisse des estimations est supérieur à
celui du troisième trimestre, observe Nick Raich, patron de la
firme de recherche indépendante The Earnings Scout à Cleveland.
    Les prévisions communiquées par les entreprises elles-mêmes
ne sont pas davantage rassurantes. Pour le quatrième trimestre,
on en compte 3,9 négatives pour une une positive, à comparer à
un ratio de 3,3 pour 1 au troisième trimestre.
    "C'est une tendance inquiétante, les perspectives se
détériorent", juge Nick Raich. 
    De manière générale, les analystes craignent que la
faiblesse de la demande à l'international n'ait des
répercussions sur les résultats des entreprises américaines.
    "Clairement, les Etats-Unis sont le point fort de l'économie
mondiale", constate Uri Landesman, président de Platinum
Partners à New York. "Le reste du monde est loin derrière, ce
qui se traduit par une demande en berne à l'export sans parler
de l'énorme impact à venir de l'appréciation du dollar."

 (Véronique Tison pour le service français)