La gauche grecque accuse Athènes de vouloir un autre plan d'aide

jeudi 6 novembre 2014 17h42
 

ATHENES, 6 novembre (Reuters) - Le parti de gauche Syriza a accusé jeudi le gouvernement grec de chercher à conclure un nouveau plan de sauvetage économique avec les créanciers internationaux, à la suite des déclarations la veille du ministre des Finances Gikas Hardouvelis.

Dans un entretien accordé mercredi à Reuters, ce dernier a évoqué une supervision des réformes par l'Union européenne et le Fonds monétaire international (FMI) une fois achevé l'actuel plan d'aide international en faveur de la Grèce.

Les ministres des Finances de la zone euro doivent étudier ce jeudi trois solutions pour soutenir la Grèce après qu'elle en aura fini avec son programme d'aide, en tentant de concilier la nécessité de rassurer les investisseurs et les exigences de la politique grecque.

Le parti Syriza est actuellement en tête des sondages d'opinion et pourrait l'emporter si des élections législatives anticipées sont organisées après le scrutin présidentiel de février 2015.

La Grèce est à mi-chemin de la toute dernière inspection des réformes qu'elle s'est engagée à mettre en oeuvre en échange de 240 milliards d'euros d'aides et ses bailleurs de fonds internationaux lui demandent de boucler toutes les réformes prévues avant le versement de la dernière tranche, d'un montant de 7,2 milliards.

Le gouvernement d'Antonis Samaras souhaite sortir du plan de sauvetage international à la fin de l'année, avec un an d'avance.

Dans son interview à Reuters, le ministre des Finances a cependant parlé d'une période de six mois à un an, après la fin du plan, au cours de laquelle l'UE et le FMI exerceraient un contrôle limité sur la politique grecque.

Pour Syriza, cela équivaut à demander un nouveau plan de sauvetage. "Le gouvernement n'a aucun droit de signer un nouvel accord avec ses créanciers. Le peuple grec ne lui accorde pas ce droit", déclare le parti dans un communiqué, accusant le gouvernement d'être "prisonnier d'une stratégie de soumission". (Deepa Babington, Guy Kerivel pour le service français)