Le Burkina Faso prié de remettre le pouvoir aux civils

jeudi 6 novembre 2014 02h54
 

(Actualisé avec fin de la mission de la troïka, commentaires)

par Kwasi Kpodo

OUAGADOUGOU, 5 novembre (Reuters) - La troïka ouest-africaine dépêchée auprès du nouveau dirigeant militaire du Burkina Faso a réclamé mercredi la nomination d'un dirigeant civil pendant la période de transition, qui sera chargé d'amener le pays aux élections l'an prochain.

Le président ghanéen John Dramani Mahama, qui dirigeait à Ouagadougou la délégation de la Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao), a demandé le maintien de l'élection présidentielle à la date prévue de novembre 2015.

Au pouvoir depuis vingt-sept ans, le président Blaise Compaoré a démissionné vendredi sous la pression de la rue et s'est réfugié en Côte d'Ivoire. L'armée a désigné samedi le lieutenant-colonel Isaac Zida comme nouvel homme fort du pays.

Les discussions supervisées par le président ghanéen avec le lieutenant-colonel Zida, les partisans de Blaise Compaoré, dirigeants d'opposition, les dignitaires religieux et les représentants de la société civile, ont été parfois houleuses.

Il y a toutefois eu un consensus général en faveur d'un gouvernement de transition dirigé par un civil, a dit le président ghanéen dont le pays assure actuellement la présidence de la Cédéao.

"J'ai confiance et je crois que dans quelques jours, plutôt que dans quelques semaines, le peuple aura un dirigeant intérimaire", a déclaré John Dramani Mahama, en soulignant que le Burkina Faso pourrait être sanctionné en cas de retard dans la nomination d'un gouvernement civil.

L'Union africaine a annoncé lundi que le changement au Burkina Faso, bien qu'opéré sous la pression du peuple, avait été non démocratique et déclaré qu'elle prendrait des sanctions si le pouvoir civil n'était pas restitué aux civils d'ici deux semaines.   Suite...