** LE POINT SUR LES MARCHÉS à la clôture en Europe **

mercredi 5 novembre 2014 18h24
 

PARIS/LONDRES, 5 novembre (Reuters) - Les Bourses européennes ont terminé en
hausse mercredi, marquant un vif rebond après deux séances de repli, à la faveur
de bons résultats et des gains à Wall Street en réaction à la victoire des
républicains aux élections de mi-mandat.   
    Mais certains traders estiment que le rebond pourrait être de courte durée
si la Banque centrale européenne (BCE) n'annonce pas de nouvelles mesures de
soutien à la croissance en zone euro, dont la faiblesse a été confirmée dans le
services malgré un mouvement en profondeur de baisse des prix.  
  
    "Si nous n'obtenons rien de la BCE, on pourrait avoir un peu de baisse", a
estimé Philippe Gijsels, responsable de la stratégie chez Fortis Bank, à la
veille de la réunion de politique monétaire de la banque centrale.
    À Paris, l'indice CAC 40 a terminé sur un gain de 1,89% à 4.208,42
points. Le Footsie britannique a repris 1,32% et le Dax allemand
 1,63%, tandis que l'indice EuroStoxx 50 a rebondi de 1,89%,
exactement comme Paris, et le FTSEurofirst 300 de 1,64%.
    Après la victoire des républicains aux élections de mi-mandat, les grands
indices américains gagnent 0,01% à 0,38% au moment de la clôture en Europe, avec
un dollar a un pic en plus de quatre ans face à un panier de devises de
référence.
    Les républicains se sont, comme prévu, emparés de la majorité au Sénat, et
ont également confirmé leur domination sur la Chambre des représentants lors de
ce scrutin qui va obliger Barack Obama à cohabiter avec un Congrès hostile
pendant les deux dernières années de son second mandat.    
    Un chiffre de l'emploi supérieur aux attentes dans le secteur privé aux
Etats-Unis a aussi soutenu la cote, en dépit d'un ralentissement de la
croissance dans les services.   
    Sur le marché des changes, l'euro reste à la peine. La monnaie européenne a
touché un creux de deux ans contre le franc suisse, à 1,2033, à la veille de la
réunion de la BCE et alors que la faiblesse de l'inflation en Suisse pourrait
inciter la banque centrale du pays à intervenir sur le marché des changes pour
freiner la hausse de sa devise.
    Le yen, qui a touché son plus bas niveau en 30 ans face au franc suisse et
un creux de sept ans contre le dollar, est plombé par des commentaires du
gouverneur de la Banque du Japon, Haruhiko Kuroda, qui s'est dit disposé à faire
plus, au-delà de ses rachats massifs d'actifs annoncés la semaine dernière, pour
pousser l'inflation nippone vers l'objectif de 2% et soutenir la croissance.    
 
    Quant au rouble, qui avait déjà perdu quasiment un quart de sa valeur depuis
le milieu de l'année, il a touché un plus bas historique face au dollar à 45,02
après que la Banque de Russie a renoncé à soutenir sa devise. 
    Sur le front du pétrole, le Brent a bondi de plus de 1,50 dollar à 84,45
dollars dans l'après-midi sur une rumeur d'explosion d'un oléoduc en Arabie
saoudite, avant de retomber à 83,25 dollars suite à l'annonce qu'il s'agissait
d'un incendie, désormais sous contrôle, et non d'une attaque terroriste.       
    Les cours de pétrole perdaient du terrain avant cet incident, victimes d'un
indice PMI des services en Chine qui a encore fléchi en octobre. 
            
    L'once d'or a chuté sous les seuil de 1.150 dollars, au plus bas depuis la
mi-2010 et semble bien parti pour plonger jusqu'à 1.000 dollars sous l'effet
combiné d'une absence de pressions inflationnistes à l'échelle mondiale, de la
hausse du dollar, d'une sortie progressive de l'ère des taux zéro au Royaume-Uni
et aux Etats-Unis et de la bonne tenue des marchés actions. 
    Côté valeurs en Europe, Marks & Spencer s'est adjugé plus de 9,5%
après que le distributeur britannique a fait état d'une hausse de son bénéfice
imposable semestriel pour la première fois depuis quatre ans. 
    De même, le réassureur allemand Hannover Re (+2,01%), le
producteur pétrole et de gaz suédois Lundin Petroleum (+3,8%) ou
encore le distributeur allemand de produits chimiques Brenntag 
(+4,36%) ont tous annoncé des résultats supérieurs aux attentes.
    A mi-parcours des résultats du troisième trimestre, 64% des sociétés
européennes ayant déjà publié ont fait aussi bien ou mieux que prévu en termes
de résultats et 59% en termes de chiffre d'affaires, selon Thomson Reuters
StarMine. En termes absolus, les résultats sont en hausse de 13% sur l'an
dernier et les chiffre d'affaires en repli de 0,2%, montrant que l'amélioration
des comptes reste liée aux mesures d'économie et à la baisse des coûts de
financement.  
    * Tableau des principaux marchés mondiaux : 

 (Avec Blaise Robinson et Sudip Kar-Gupta, Juliette Rouillon pour le service
français, édité par Véronique Tison)