Croissance faible et prix en baisse pèsent sur zone euro et BCE

mercredi 5 novembre 2014 16h35
 

par Jonathan Cable

LONDRES, 5 novembre (Reuters) - La croissance de l'activité a été moins forte que prévu en octobre dans la zone euro malgré la poursuite d'un mouvement en profondeur de réduction des prix, montrent mercredi plusieurs indicateurs qui ne devraient guère apaiser les tensions latentes au sein de la Banque centrale européenne (BCE).

Les entreprises réduisent leurs prix depuis plus de deux ans et demi et elles l'ont encore fait le mois dernier, à un rythme sans précédent depuis début 2010, en plein déclenchement de la crise des dettes souveraines dans la zone euro.

La faiblesse de la croissance aussi bien dans les services que dans l'industrie malgré cette tendance de long terme à la baisse des prix servira jeudi de toile de fond à la réunion de politique monétaire de la BCE. Les débats sont vifs entre banquiers centraux sur les outils à mettre en oeuvre pour écarter le spectre de la déflation et sortir l'inflation, de seulement 0,4% en octobre, de ce que la BCE qualifie elle-même de "zone de danger" sous 1%.

Considéré comme un bon indicateur de l'activité puisqu'il s'appuie sur le sentiment de milliers d'entreprises à travers le continent, l'indice composite des directeurs d'achats (PMI) de Markit n'a quasiment pas bougé par rapport à son plus bas de 10 mois atteint en septembre, passant de 52,0 à 52,1.

"Une telle faiblesse est inquiétante car elle souligne la faiblesse de la demande dans la zone euro et alimente les inquiétudes concernant la croissance. Les éléments d'anticipation dans les deux secteurs se sont révélés décevants", commente Apolline Menut, pour Barclays.

Dans les services, l'indice des directeurs d'achat est tombé à un plus bas de sept mois à 52,3 en octobre et il y a peu de chances qu'il s'améliore ce mois-ci.

Si le PMI composite, regroupant industrie et services, est resté pour le 16e mois consécutif au-dessus du seuil de 50 séparant la croissance de la contraction, cette situation a un coût.

Le sous-indice des prix à la production a plongé à 47,1 contre 48,5 en septembre, soit son plus bas niveau depuis février 2010, ce qui semble indiquer que les entreprises continuent désespérement de jouer sur les prix pour maintenir leur activité.   Suite...