Takata révèle avoir produit pendant 6 ans des airbags défectueux

dimanche 2 novembre 2014 18h05
 

DETROIT, 2 novembre (Reuters) - L'équipementier automobile japonais Takata a révélé pour la première fois avoir commencé à fabriquer dès 2008 des airbags montrant un défaut récemment découvert, dans un rapport à la sécurité routière américaine que l'agence a publié samedi.

Ce rapport adressé cette semaine à la National Highway Traffic Safety Administration (NHTSA) fournit des détails concernant le défaut et la période de fabrication, qui s'étend de 2008 à 2014.

Il s'agit de la dernière révélation en date concernant l'affaire des airbags de Takata, qui a donné lieu au rappel de 17 millions de voitures au total dans le monde.

Le nouveau défaut, découvert en juin et qui peut provoquer la rupture de l'airbag, a conduit General Motors et Nissan Motor à rappeler à ce jour un total de 30.867 voitures.

Mais ces voitures étaient des modèles des années 2013 et 2014. Dans le rapport publié samedi, Takata dit qu'il a fabriqué ces pièces de 2008 à juin 2014 dans une usine au Mexique.

La société nippone n'a pas estimé le nombre de véhicules supplémentaires susceptibles d'être concernés par le nouveau défaut. Une porte-parole de Takata n'a pas répondu immédiatement, samedi, à une demande de commentaire.

Le défaut affectant les véhicules rappelés par GM et Nissan est différent de celui qui a provoqué les rappels les plus nombreux mais il a les mêmes effets potentiels, à savoir l'explosion d'un airbag avec une force excessive lors d'un choc, au risque de disperser des éclats de métal dans l'habitacle du véhicule.

Au moins quatre morts et plus d'une dizaine de blessés ont été reliés à des airbags défectueux.

Depuis 2008, dix constructeurs ont rappelé plus de 10 millions de véhicules aux Etats-Unis en évoquant différents défauts de conception et de fabrication des airbags de Takata.

Le groupe japonais fait depuis lundi dernier l'objet d'une action de groupe par des consommateurs américains qui lui reprochent ainsi qu'à plusieurs constructeurs automobiles de les avoir trompés en leur cachant des informations cruciales. (Paul Lienert, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Marc Angrand)