ECLAIRAGE-Comment la roue a tourné pour le DG de Sanofi

lundi 3 novembre 2014 07h00
 

(Répétition sans changement d'une dépêche diffusée dimanche)

par Noëlle Mennella et Carolyn Cohn

PARIS/LONDRES, 2 novembre (Reuters) - Christopher Viehbacher a son franc-parler. "C'était la pagaille au Brésil, c'est pourquoi j'ai décidé de changer le management", avait-il dit à des analystes financiers en août 2013.

Quinze mois plus tard, il a quitté Sanofi comme il avait limogé les responsables de la branche brésilienne du groupe pharmaceutique français, abruptement évincé mercredi de ses fonctions de directeur général lors d'un conseil d'administration mené tambour battant au petit matin, "la pagaille brésilienne" étant citée comme l'un des motifs.

Les investisseurs ont été abasourdis, ayant jusque-là perçu l'affable germano-canadien comme l'un des meilleurs de l'industrie pharmaceutique en dépit de quelques revers et de virages difficiles à négocier dans le secteur au niveau mondial.

Les turbulences au sommet de Sanofi ont éclaté au grand jour le lundi 27 octobre quand une lettre de Chris Viehbacher au conseil, datée du 4 septembre, a fuité dans la presse. Le directeur général y parlait de rumeurs de complot contre lui au sein du conseil et demandait une clarification de sa situation.

Le lendemain, il présentait les résultats trimestriels du groupe.

"On a eu une conférence téléphonique et des questions ont été posées sur sa position, mais il a été rassurant", raconte Andrea Williams, gérant de fonds Europe chez Royal London Asset Management. "Et puis à 8h du matin le mercredi, il était parti. Les actionnaires n'ont eu aucune occasion de dire qu'ils ne voulaient pas qu'il s'en aille."

En réalité, la crise avec Chris Viehbacher a plutôt couvé comme le feu sous la cendre. Sa chute conclut l'histoire d'un patron de haut vol, un ancien de GlaxoSmithKline qui s'est brouillé au fil du temps avec son conseil jusqu'à ce que des administrateurs cherchent en coulisses à le remplacer, avant d'être amenés à le faire brutalement lorsque l'affaire est devenue publique.   Suite...