Trois importants pays absents du lancement de l'AIIB

vendredi 24 octobre 2014 07h22
 

SHANGHAI, 24 octobre (Reuters) - L'Australie, l'Indonésie et la Corée du Sud n'ont pas assisté vendredi au lancement de la Banque asiatique d'investissement pour les infrastructures (AIIB), soutenue par la Chine, tandis que les Etats-Unis ont exprimé leurs craintes sur ce projet.

L'AIIB, créée à l'initiative de Pékin, est considérée comme une institution concurrente de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement, deux bailleurs de fonds internationaux qui comptent Washington et ses alliés parmi leurs principaux contributeurs.

Deuxième puissance économique mondiale, la Chine dispose de droits de vote limités dans les institutions financières existantes et est soucieuse d'étendre son influence dans la région.

Le rôle de l'AIIB, lancée lors d'une cérémonie à Pékin en présence du ministre chinois des Finances Lou Jiwei et de délégués de 21 pays dont l'Inde, la Thaïlande et la Malaisie, est d'octroyer des crédits pour financer des projets dans des pays en développement.

La Chine devrait être son principal bailleur avec une participation qui pourrait être supérieure à 50%.

Le Japon, le principal concurrent de la Chine en Asie et important bailleur de la Banque asiatique de développement avec les Etats-Unis, n'était pas présent non plus, mais n'était pas attendu.

La porte-parole du département d'Etat américain, Jen Psaki, a déclaré: "Le secrétaire d'Etat John Kerry a clairement fait savoir aux Chinois et à d'autres partenaires que nous accueillons favorablement l'idée d'une infrastructure bancaire pour l'Asie mais nous souhaitons fermement qu'elle respecte les critères internationaux de gouvernance et de transparence.

"Nous avons des inquiétudes sur la nature ambiguë du projet de l'AIIB dans sa forme actuelle, et nous l'avons également fait savoir publiquement", a dit Jen Psaki.

Dans un discours prononcé devant les délégués, le président chinois Xi Jinping a indiqué que la nouvelle banque suivrait les pratiques les plus efficaces de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement.

"Nous devons nous inspirer des bonnes pratiques et des expériences utiles de la Banque mondiale et de la Banque asiatique de développement et d'autres institutions existantes pour le développement multilatéral", a affirmé Xi.

(Brenad Goh; Mathilde Gardin pour le service français)