October 23, 2014 / 6:49 AM / 3 years ago

LEAD 2-Publicis paye cher l'échec de la fusion avec Omnicom

5 MINUTES DE LECTURE

* C.A. du T3 en légère augmentation à +1,0% (vs +0,5% au T2)

* La fin d'année sera dans lignée des 9 premiers mois (+1,5%)

* Le groupe visait en début d'année +4% de croissance

* Le plan stratégique devrait être présenté le 7 novembre

* Le titre en forte baisse en début de matinée (Actualisé avec cours et commentaires)

par Gwénaëlle Barzic

PARIS, 23 octobre (Reuters) - Publicis mise sur son plan stratégique qui sera présenté début novembre pour rebondir après une année laborieuse plombée par le projet avorté de fusion avec l'américain Omnicom.

Le troisième groupe publicitaire mondial a enregistré une nouvelle contre-performance au troisième trimestre, payant le prix de l'échec d'une opération qui a accaparé ses équipes et ses dirigeants pendant plus de neuf mois aux dépens de la gestion de la société au quotidien.

Le publicitaire français ne s'attend pas à un rebond en fin d'année, tirant un trait sur sa prévision annoncée en début d'année d'une croissance du chiffre d'affaires supérieure à 4%.

"Avec les neuf premiers mois de l'année, on ne peut pas espérer que l'année dans son ensemble sera une de nos meilleures années. On peut même considérer qu'il vaut mieux l'avoir derrière soi et très vite s'engager pour une bien meilleure année 2015", a déclaré le président du directoire Maurice Lévy à des journalistes.

A 09h50, l'action de Publicis cède 2,9% à 52 euros, accusant la deuxième plus forte baisse du CAC 40 derrière Michelin. Depuis le début de l'année, Publicis affiche un recul de près de 22%.

"Publicis est vraiment à la traîne par rapport à une dynamique plutôt saine pour les groupes publicitaires et doit régler ces problèmes de croissance (et utiliser sa trésorerie) pour rattraper le retard sur ses concurrents", estime Charles Bedouelle, analyste à Exane BNP Paribas.

Sur la période d'avril à juin, les revenus de Publicis ont atteint 1,75 milliard d'euros, affichant une croissance timide de 1,0% à données comparables (+4,4% en données publiées).

Elle marque une légère amélioration par rapport à la progression de 0,5% enregistrée au deuxième trimestre mais reste très loin du rebond qu'attendait le marché.

Sur la même période, l'ex-fiancé de Publicis Omnicom affiche, lui, une santé insolente avec une croissance organique de 6,5% tandis que son concurrent américain Interpublic a progressé de 6,3%. Le numéro un mondial WPP publiera ses comptes vendredi la semaine prochaine.

"Nous avons une croissance organique qui est extrêmement modeste (...) et qui ne se situe pas (...) au niveau des attentes du marché ou des nôtres", a déclaré Maurice Lévy.

Le groupe s'attend à une fin d'année dans la tendance des neuf premiers mois marqués par une croissance de 1,5%.

Au troisième trimestre, le groupe, propriétaire de Saatchi & Saatchi et Leo Burnett, a notamment souffert des difficultés de son agence américaine spécialisée dans le numérique Razorfish, victime d'un trou d'air face à la chute des investissements de ses gros clients Motorola et BlackBerry.

"Fin D'un Cycle"

Connues, ces difficultés ont tardé à être réglées, ce qui a coûté à l'ensemble du groupe 200 points de base de croissance sur le trimestre, a concédé Maurice Lévy, annonçant une réorganisation de l'offre de Razorfish qui sera renforcée par d'autres agences du groupe.

Le groupe a également souffert d'une conjoncture de marché difficile dans certains pays émergents et dans une grande partie de l'Europe qui affiche une croissance négative.

"Nous sommes à la fin d'un cycle", a cependant souligné Maurice Lévy qui mise pour rebondir sur un nouveau plan stratégique qui devrait être présenté le 7 novembre.

Publicis a d'ores et déjà annoncé à mi-septembre une série de mesures dont une refonte de son équipe direction qui a été élargie tandis que Maurice Lévy a été une nouvelle fois prolongé à la tête du groupe jusqu'au printemps 2017. Le mandat du PDG, âgé de 72 ans et dirigeant du groupe depuis 1987, était censé se terminer fin 2015.

Publicis a également annoncé à cette occasion un relèvement de sa politique de dividendes et annoncé un programme de rachats d'actions, dont l'ampleur reste à préciser, afin de redistribuer davantage d'argent à ses actionnaires.

Voir aussi :

Le communiqué : bit.ly/1t6661s (Edité par Jean-Michel Bélot)

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