Aérien-La couverture du risque attentat de plus en plus chère

mardi 21 octobre 2014 16h59
 

21 octobre (Reuters) - Les assureurs du monde entier vont devoir payer jusqu'à 800 millions de dollars (630 millions d'euros) aux compagnies aériennes pour couvrir les dommages causés cette année par des accidents aériens ou des attentats, ce qui fera monter les primes et attirera de nouveaux acteurs sur le marché.

Les estimations de courtiers, d'analystes et d'agents d'assurance recueillies par Reuters vont de 650 à 800 millions de dollars, et dépassent pour nombre d'entre elles le chiffre de 700 millions atteint pendant la guerre en Irak en 1990.

Elles dépassent donc très largement les 60 à 90 millions de dollars de primes encaissées par les assureurs l'an dernier pour couvrir ce type de risque, qui regroupe entre autres la disparition du vol MG370 de Malaysia Airlines en mars, le crash du vol MH17 de le même compagnie en Ukraine en juillet, celui d'un vol d'Air Algérie au-dessus du Mali quelques jours plus tard ou encore la destruction de la quasi-totalité des avions stationnés sur l'aéroport de Tripoli en Libye.

Cette envolée des indemnisations pourrait inciter certains assureurs à se retirer de ce segment si les hausses de tarifs qui seront négociées au cours des prochains mois ne garantissent pas la rentabilité de cette activité, laissant ainsi la place à de nouveaux entrants aptes à bénéficier de ces hausses sans avoir à assumer les événements passés.

"En fonction de ce qui se passera lors de ces renouvellements, les gens pourraient reconsidérer leur position (sur le marché)", a dit à Reuters Richard Harries, directeur général d'Atrium Underwriting.

La prime d'assurance d'un avion contre le risque d'attentat va probablement doubler, voir plus que tripler pour des zones de conflit comme le Moyen-Orient, estime Peter Eden, vice-président senior du courtier Lockton Companies.

Très schématiquement, il en coûte actuellement environ 40.000 dollars à une grande compagnie pour assurer un avion d'une valeur de 200 millions de dollars contre des attentats, même si le tarif dépend de la probabilité estimée que la compagnie soit prise pour cible.

La situation actuelle est comparable, toutes proportions gardées, à celle de l'après 11-Septembre 2001, lorsque de nombreux acteurs du secteur s'en étaient retirés après avoir subi de lourdes pertes. Cela avait provoqué une forte hausse des tarifs qui avait à son tour attiré de nouveaux acteurs.

Les compagnies déboursent actuellement environ 0,50 dollar par passager pour assurer leurs avions contre les attentats et d'autres risques, explique David Slevin, chargé du secteur chez l'assureur Hiscox. "C'est moins que les dépenses de papier toilette." (Richard Naidu et Carolyn Cohn, Marc Angrand pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)