October 16, 2014 / 1:22 PM / 3 years ago

ENQUÊTE-France-Un déficit sous 3% du PIB en 2017 hors de portée

4 MINUTES DE LECTURE

PARIS, 16 octobre (Reuters) - La France ne parviendra pas à ramener son déficit sous 3% du produit intérieur brut comme elle s'y est engagée auprès de ses partenaires européens, même avec un délai supplémentaire de deux ans jusqu'en 2017 comme elle l'envisage désormais, selon des économistes interrogés par Reuters.

Même s'il a revu en baisse ses prévisions de croissance pour les années qui viennent, le gouvernement français reste trop optimiste sur la vigueur de la reprise et ses projets de réformes pour doper le potentiel de croissance de son économie sont trop limités, estiment-ils.

Pour 2014, leurs anticipations de croissance de l'économie française se situent au même niveau que celles revues par le gouvernement, à 0,4% en prévision médiane (contre 0,7% dans la précédente enquête publiée en juillet).

Pour 2015, l'écart est faible : 0,9% pour les économistes qui ont été interrogés entre le 9 et le 15 octobre, (1,3% dans la précédente enquête), à comparer avec 1,0% retenu pour le cadrage du projet de loi de finances 2015.

Mais il est plus conséquent pour 2016 : 1,3% prévu par les économistes, 1,7% par le gouvernement dans sa nouvelle trajectoire des finances publiques.

Celle-ci ne prévoit plus que l'horizon 2017, au lieu de 2015 prévu précédemment, pour ramener le déficit public sous 3% du PIB.

Interrogés sur la crédibilité de ce nouveau calendrier, qui doit encore faire l'objet de négociations qui s'annoncent délicates avec Bruxelles, les économistes ayant répondu à cette question spécifique pensent tous, à l'exception d'un seul, qu'il ne pourra être tenu.

Pour eux, l'effort de 50 milliards d'euros sur les dépenses publiques promis par le gouvernement français sur 2015-2017 ne suffira pas, pas plus que les réformes mises en oeuvre (baisse des charges et de la fiscalité des entreprises) ou promises dans le cadre du futur projet de loi pour l'activité et l'égalité des chances économiques.

La nouvelle trajectoire des finances publiques françaises prévoit un déficit public à 4,3% du PIB en 2015 puis 3,8% en 2015 avant 2,8% en 2017.

S'ils restent dubitatifs sur ce scénario, les économistes interrogés partagent les mêmes inquiétudes que celles invoquées par François Hollande et son gouvernement, à savoir la persistance d'une inflation très basse, voire même un risque de déflation, qui plombe le rythme de reprise dans la zone euro.

"Dans un tel environnement désinflationniste, viser des objectifs de déficits très stricts serait contre-productif et même dangereux", estime Frédéric Andrès, économiste France de l'assureur crédit Euler Hermes.

Les anticipations d'inflation pour la France des économistes interrogés se situent à 0,7% pour cette année, 1,0% l'an prochain et 1,2% en 2016, bien loin de l'objectif de "près de 2%" visé par la Banque centrale européenne pour la zone euro.

La stagnation et la faiblesse de l'inflation dans la zone euro sont considérées par une majorité des économistes interrogés comme le principal risque actuel pour l'économie globale.

Pour les résultats globaux de l'enquête

Pour les prévisions de croissance par trimestre

Pour les prévisions de croissance annuelle

Pour les prévisions de déficit public (Brian Love, avec Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)

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