Les banques centrales prises au dépourvu par les marchés

jeudi 16 octobre 2014 12h57
 

par Howard Schneider

WASHINGTON, 16 octobre (Reuters) - Les turbulences des derniers jours sur les marchés financiers placent les banquiers centraux du monde entier devant une réalité préoccupante: la nervosité des investisseurs menace une croissance mondiale déjà fragile et prolonge la dépendance de l'économie aux injections massives de liquidités d'autorités monétaires dont l'arsenal risque d'être vite épuisé.

Les Bourses européennes étaient de nouveau en forte baisse à la mi-séance jeudi, l'indice paneuropéen FTSEurofirst 300 étant revenu à son plus bas niveau depuis 13 mois. A Wall Street, le Standard & Poor's-500 a perdu près de 8% en un mois. Partout, les investisseurs se réfugient sur le marché obligataire, faisant tomber les rendements des titres les plus sûrs à de nouveaux plus bas.

Quant au dollar, il est reparti à la baisse, les investisseurs ayant intégré le fait que la Réserve fédérale pourrait attendre fin 2015, voire 2016, pour commencer à relever ses taux d'intérêt.

A l'origine de ces mouvements se trouvent entre autres le ralentissement marqué de l'inflation en Chine et une série d'indicateurs décevants aux Etats-Unis, qui font craindre une nouvelle détérioration de la croissance mondiale.

Quand les marchés sont passés dans le rouge la semaine dernière, de nombreux responsables de banques centrales ont minimisé le mouvement, estimant qu'après la hausse presque ininterrompue enregistrée depuis le début de l'année, un regain de volatilité pourrait être salutaire dans un contexte marqué par les tensions au Moyen-Orient et en Ukraine et par l'épidémie de fièvre Ebola.

Mais aujourd'hui, face à l'ampleur du repli, certains craignent que les marchés, en baissant trop et trop vite, ne sapent la confiance, ce qui se traduirait par une baisse de la consommation.

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