15 octobre 2014 / 15:58 / dans 3 ans

Probable sommet sur la situation en Ukraine à Milan

* Probable rencontre entre Poutine et Porochenko à Milan

* Amélioration du climat entre Kiev et Moscou

* Les dossiers du gaz et des Mistral en suspens

par Elizabeth Pineau

PARIS, 15 octobre (Reuters) - Le dossier ukrainien pourrait faire l‘objet jeudi ou vendredi d‘un sommet à Milan, sur fond de réchauffement entre Kiev et Moscou, sept mois après l‘annexion de la Crimée par la Russie.

Paris et la présidence italienne de l‘UE veulent organiser en marge d‘une réunion des dirigeants européens et asiatiques en Italie un mini-sommet du type de celui du 6 juin en Normandie.

Ce dernier avait réuni pour la première fois le président russe Vladimir Poutine et son homologue Petro Porochenko, en présence de François Hollande et d‘Angela Merkel.

“Les conditions d‘un règlement de la crise en Ukraine ne sont pas encore réunies. Mais quand tout le monde est en ville, on fait ce qu‘il faut pour tenter de faire avancer les choses”, dit-on dans l‘entourage de François Hollande.

Le cessez-le-feu signé le 5 septembre entre Moscou, Kiev et des séparatistes a montré sa fragilité et l‘Ukraine doit organiser des élections législatives le 26 octobre.

“Je pense qu‘il y aura un sommet ‘format Normandie’ sous présidence italienne pour continuer le travail qui a été fait pour trouver une solution politique à la situation”, a déclaré mercredi le porte-parole du gouvernement français, Stéphane Le Foll, précisant que la réunion aurait “peut-être” lieu à Milan.

Vladimir Poutine et Angela Merkel ont d‘ores et déjà prévu un entretien bilatéral jeudi soir dans la capitale de la Lombardie, où sont également attendus les chefs de gouvernement italien Matteo Renzi et britannique David Cameron.

Après Bénouville-sur-mer le 6 juin, les présidents russe et ukrainien se sont vus début septembre à Minsk, en Biélorussie, où ils sont convenus d‘un cessez-le-feu dans l‘est de l‘Ukraine.

Une trêve violée quotidiennement, notamment près de l‘aéroport de Donetsk, que les séparatistes pro-russes cherchent à prendre aux forces gouvernementales.

DÉCISION SUR LES “MISTRAL” D‘ICI FIN OCTOBRE

Le week-end dernier, Vladimir Poutine a ordonné le retrait des troupes russes stationnées à la frontière avec l‘Ukraine depuis cet été pour des exercices.

Cette annonce “est un bon signe”, dit un diplomate français. “L‘atmosphère est bonne entre Poutine et Porochenko. Il y a eu des compromis, mais ce n‘est pas suffisant”.

Le Kremlin a fait savoir mardi soir que les deux chefs d‘Etat s‘étaient parlé au téléphone. A l‘approche de l‘hiver, le dossier du gaz a été abordé, alors que le groupe gazier russe Gazprom a interrompu ses livraisons à l‘Ukraine en juin en raison d‘arriérés de paiement.

La Russie est aussi le principal fournisseur de l‘UE en pétrole, charbon et gaz naturel.

Les gazoducs qui transitent par l‘Ukraine sont devenus un enjeu politique entre Moscou et les Vingt-Huit en raison des sanctions imposées par ces derniers à la Russie pour son rôle dans la crise ukrainienne.

Dans ce contexte de tension avec les Occidentaux, Vladimir Poutine s‘est tourné vers la Chine en signant en mai un contrat de fourniture de gaz d‘un montant de 400 milliards de dollars et la promesse de doubler les échanges commerciaux entre les deux pays d‘ici 2020.

Le Premier ministre chinois, Li Kejianq, sera à Milan, où il s‘entretiendra en particulier avec François Hollande.

La crise ukrainienne a conduit la France à suspendre sa livraison à la Russie du premier des deux porte-hélicoptères Mistral construits sur les chantiers navals de Saint-Nazaire.

L‘Elysée a annoncé début septembre que les “actions” russes en Ukraine ne permettaient pas de donner le feu vert à la livraison du premier BPC.

La décision n‘est pas définitive, François Hollande ayant laissé une porte ouverte en cas d‘amélioration sur le terrain.

“A ce jour, les conditions de livraison ne sont pas réunies. On va voir comment seront appréciées les choses par le président de la République au moment de la date de livraison, c‘est-à-dire d‘ici une quinzaine de jours”, soulignait-on mardi dans l‘entourage de François Hollande. (Avec James Mackenzie à Rome et Vladimir Soldatkin à Moscou, édité par Yves Clarisse)

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