Paris, Berlin réfléchissent à des initiatives pour la croissance

lundi 13 octobre 2014 13h41
 

PARIS, 13 octobre (Reuters) - Les ministres de l'Economie français et allemand ont commandé à deux économistes un rapport sur la manière dont Paris et Berlin peuvent contribuer par des initiatives communes mais aussi des réformes structurelles à une croissance plus forte en Europe.

Cette initiative est lancée au moment où la France est dans le collimateur de ses alliés européens pour le dérapage assumé de ses comptes publics et où l'Allemagne est elle-même critiquée pour sa politique jugée trop orthodoxe financièrement et peu favorable à la croissance.

Le rapport, qui devra être remis mi-novembre, est confié à Jean Pisani-Ferry, responsable du Commissariat général à la stratégie et à la prospective, un organisme de réflexion dépendant de l'hôtel Matignon, et Henrik Enderlin, directeur du nouvel Institut Jacques Delors de Berlin.

Dans leur lettre de mission, dont Reuters s'est procuré une copie, les ministres Emmanuel Macron et Sigmar Gabriel partent du constat que la reprise en Europe est en retard sur les autres économies avancées, une situation qui augmente le "risque d'une décennie perdue marquée par une faible croissance, une inflation excessivement basse, une dette et un chômage élevés".

En tant que poids lourds de l'Europe, l'Allemagne et la France ont une responsabilité particulière. Mais le problème tient au fait que, si leurs deux économies sont "étroitement liées", elles restent très différentes, qu'il s'agissent de leur position dans le cycle de croissance où du point de vue structurel.

Les ministres demandent en conséquence aux deux experts, des pro-européens de longue date, d'"étudier les interdépendances entre les deux économies et d'identifier des domaines possibles de politiques, investissements et initiatives communs pour contribuer à une croissance plus forte et durable en Europe".

Plus spécifiquement, ils déclarent attendre des recommandations sur les principaux domaines où des besoins de réformes structurelles peuvent être satisfaits d'ici à 2017 et ce, en Allemagne comme en France.

Il reviendra aussi aux auteurs du rapport de faire des recommandations sur les secteurs qui ont des besoins d'investissements ou de modernisation et enfin de réfléchir à des initiatives franco-allemandes pour contribuer "à améliorer la compétitivité, la convergence structurelle, l'intégration et la croissance en Europe". (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)