La reprise de Gad par Intermarché en instance de validation

lundi 13 octobre 2014 14h10
 

RENNES, 13 octobre (Reuters) - Le tribunal de commerce de Rennes devrait approuver jeudi l'offre de reprise de l'abattoir Gad de Josselin (Morbihan) par le groupe Intermarché, a t-on appris lundi auprès de la juridiction.

Les magistrats ont examiné lundi l'offre finale de la société SVA-Jean Rozé de Vitré (Ille-et-Vilaine), filiale du groupement des Mousquetaires, qui prévoit le maintien de 530 emplois en CDI sur 755, sur le site de l'abattoir de porcs de Josselin (Morbihan), placé en liquidation judiciaire.

"Dans un contexte de filière porcine compliquée, avec l'embargo russe, le dumping social qui fait qu'on est à 18 euros de l'heure ici et 9 euros en Allemagne (), il y a un challenge important à relever", a déclaré Dominique Langlois, président de SVA, à l'issue de l'audience qui s'est tenue à huis clos.

Il a également réaffirmé la volonté de sa société de mettre en place "une filière porcine durable qui assure un avenir pour les éleveurs" et espère retrouver une situation "à l'équilibre dans un an à un an et demi" pour le site de Josselin qui bénéficiera d'un investissement de vingt millions d'euros.

Tout en déplorant les licenciements qui pourraient intervenir dans les prochain jours, les délégués syndicaux se sont de leur côté félicités de la sauvegarde attendue de 530 emplois.

"Intermarché est le seul opérateur dans la filière qui est en mesure de reprendre une société comme celle-là. Il a son circuit de distribution, un accord avec les producteurs et met de l'argent. Entre l'amont et l'aval, il a tout ce qu'il faut", a déclaré Patrick Piguel, délégué CFDT.

Après la validation probable de l'offre jeudi, la société SVA pourrait prendre la direction de l'abattoir dès les jours suivants, a indiqué Dominique Langlois.

Un plan de sauvegarde de l'emploi sera également mis en place pour les employés licenciés tandis que le groupe légumier Cecab, dont dépend l'abattoir Gad, s'est engagé à proposer 155 postes de reclassement sur ses différents sites.

De son côté la société Saria n'a pas donné suite à son projet de reprise d'une des deux unités de Gad SAS demeurant en activité à Lampaul-Guimiliau (Finistère) et employant encore 13 personnes, aucune offre n'ayant par ailleurs été déposée pour la seconde unité qui compte 58 salariés.

En février 2013, la société Gad SAS avait été placée en redressement judiciaire, entraînant la fermeture du site de Lampaul-Guimiliau et la suppression de quelque 900 postes dans le Finistère, en raison d'un fort endettement et de problèmes de trésorerie récurrents. (Pierre-Henri Allain, édité par Yves Clarisse)