France-Début du marathon budgétaire sous l'oeil attentif de l'UE

mardi 14 octobre 2014 19h17
 

* Un exercice périlleux pour le gouvernement

* Programme du printemps confirmé, pas les objectifs de déficit

* Le texte transmis mercredi à la Commission européenne

PARIS, 14 octobre (Reuters) - L'Assemblée nationale a entamé mardi l'examen du projet de loi de finances 2015, un exercice périlleux pour le gouvernement pris en étau entre l'aile gauche frondeuse de sa majorité et des alliés européens de la France irrités par le dérapage des finances publiques qu'il entérine.

Avec le projet de loi de financement de la Sécurité sociale, ce texte traduit dans les faits le pacte de stabilité et de solidarité voté au printemps, qui repose sur des baisses de charges et de fiscalité des entreprises financées par un effort de 50 milliards d'euros sur les dépenses publiques d'ici 2017.

Mais là où le gouvernement envisageait encore en avril de ramener le déficit public à 3% de la richesse nationale en 2015, conformément à ses engagements européens, la dégradation de la conjoncture et la faiblesse de l'inflation l'ont obligé à revoir ses ambitions sérieusement à la baisse.

Présentant le PLF devant la représentation nationale, le ministre des Finances, Michel Sapin, a réaffirmé que "le rythme de consolidation budgétaire doit être adapté face à une faiblesse de la demande qui pèse sur la croissance et l'inflation, et donc sur nos capacités à réduire les déficits."

Le tout se traduit par un déficit budgétaire qui restera élevé (75,4 milliards d'euros après 87 milliards en 2014) et un déficit public qui devrait atteindre 4,3% du PIB, soit à peine moins que celui maintenant prévu pour 2014 (4,3%).

L'objectif de 3% pour ce dernier n'est maintenant plus envisagé que pour 2017, au grand dam des instances européennes qui, si elles n'ont pas encore réagi officiellement, n'ont pas caché leur irritation vis-à-vis de la France.   Suite...