LEAD 2-Wall Street chute de 2%, inquiétudes sur l'Europe

jeudi 9 octobre 2014 23h16
 

(Actualisé avec S&P au plus bas depuis février et volumes)
    * Le Dow chute de 1,97%, le S&P-500 de 2,06%, le Nasdaq de
2,02%
    * La baisse des exportations allemandes inquiète les
investisseurs
    * Cycliques et pétrolières tirent le marché à la baisse
    * Le S&P a perdu jusqu'à 40 points, une première en trois
ans

    NEW YORK, 9 octobre (Reuters) - Wall Street a fini en forte
baisse de quelque 2% jeudi, à la suite des places européennes,
dans un marché inquiet pour l'économie mondiale après l'annonce
d'une nette dégradation des exportations allemandes en août.
    Les principaux indices ont plus qu'effacé leurs gains de la
veille et terminé non loin de leurs plus bas du jour.
    Le Standard & Poor's 500 a lâché 40,68 points ou
2,07% à 1.928,21, accusant ainsi sa plus forte baisse en
pourcentage depuis le 10 avril dernier alors qu'il avait connu
mercredi sa meilleure séance depuis un an (+1,75%) après une
communication de la Réserve fédérale rassurante sur ses taux.
    L'indice de référence des gérants américains revient ainsi à
son plus bas niveau depuis le 7 août.
    Le Dow Jones a perdu de son côté 334,97 points, soit
1,97%, à 16.659,25 points, avec ses 30 composantes dans le
rouge.
    Le Nasdaq Composite, à forte composante
technologique, a dégringolé de 2,02% à 4.378,34 et le Russell
2000 des valeurs moyennes a chuté de 2,66% à 1.067,99.
    Les premiers résultats d'entreprises jugés encourageants
n'ont pas fait le poids face aux inquiétudes sur l'économie
mondiale et l'indice Vix qui mesure la volatilité est
remonté en flèche avec un bond de 24,2% à 18,8 points, à son
plus haut niveau depuis le début février.
    Comme en Europe, où l'indice FTSEurofirst 300, en
baisse pour la troisième séance consécutive, a fini à son plus
bas niveau depuis deux mois, c'est la statistique allemande du
commerce extérieur qui a mis le feu aux poudres : la baisse de
5,8% des exportations en août, leur recul le plus marqué depuis
janvier 2009, renforce les craintes d'un passage à vide de la
première économie européenne. 
    "Les économies européennes restent très faibles et cela
entraîne une certaine nervosité quant à la saison des résultats
qui démarre", commente Bill Lynch, responsable des
investissements chez Hinsdale Associates à Hinsdale (Illinois).
    Le président de l'antenne de St. Louis de la Réserve
fédérale, James Bullard, a ajouté à la confusion en affirmant
que le marché se trompait dans ses anticipations sur l'évolution
des taux de la banque centrale, alors même que le compte rendu
de la dernière réunion monétaire publié mercredi avait rassuré
en semblant écarter un resserrement rapide. 
    L'investisseur activiste Carl Icahn, enfin, a versé de
l'huile sur le feu en estimant qu'une correction boursière était
"assurément" en marche. 
    Signe de la nervosité des investisseurs, le S&P a oscillé
dans une marge énorme de 40 points, entre 1.967 à l'ouverture et
1.927 au plus bas, ce qui ne s'était plus vu depuis trois ans,
et les volumes ont enflé avec 8,2 millions de titres échangés
contre une moyenne de 7,25 millions sur les cinq dernières
séances selon les données de BATS Global Markets. 

    ALCOA FLANCHE, APPLE RÉSISTE
    Les 10 grands indices sectoriels S&P ont fini dans le rouge
mais les baisses les plus fortes ont concerné les valeurs
cycliques, liées à la croissance économique, et le compartiment
de l'énergie, plombé une nouvelle fois par le marché pétrolier
alors que le baril de Brent est tombé à 90 dollars, une baisse
de 20% depuis son pic de juin dernier. 
    L'indice S&P 500 de l'énergie a chuté de 3,70% et
celui des produits de base a lâché 2,54%.
    Parmi les composantes de ce dernier, le producteur
d'aluminium Alcoa a capitulé avec un recul de 4,23% en
dépit de résultats trimestriels solides qui lui avaient permis
de débuter la séance en hausse. 
    Aux cycliques, US Steel a dégringolé de 7,33% et
Caterpillar, composante du Dow, s'est enfoncé de 3,26%.
    Autre baisse remarquée, le groupe de prêt-à-porter Gap
 a plongé de 12,48% après l'annonce de ventes décevantes
en septembre et du prochain départ, en février, de son directeur
général Glenn Murphy qui avait redressé le groupe après 2007.
    Le fabricant de semi-conducteurs Advanced Micro Devices
, qui se sépare également de son patron, Rory Read, a
aussi inquiété les investisseurs et perdu 10,07%.
    Apple, unique hausse du Nasdaq-100 avec
Yahoo (+0,05%), a résisté avec un gain de 0,22% alors
que Carl Icahn fait pression sur le conseil d'administration
pour qu'il lance un nouveau programme de rachat d'actions en
puisant dans sa trésorerie de 133 milliards de dollars.
 

 (Ryan Vlastelica et Rodrigo Campos, Véronique Tison pour le
service français)