Netflix-Free refuse "de se coucher tout de suite"-DG

jeudi 9 octobre 2014 17h55
 

PARIS, 9 octobre (Reuters) - Free n'a pas l'intention dans l'immédiat de distribuer sur ses boxes l'offre de vidéo en illimité de Netflix face aux conditions commerciales peu attractives imposées selon lui par le géant américain.

La filiale d'Iliad est désormais le seul des quatre opérateurs télécoms français à ne pas avoir trouvé d'accord avec la société californienne qui sera en revanche distribuée par Bouygues Télécom (filiale de Bouygues ), Orange et SFR (Vivendi ).

"Free a juste décidé ne pas se coucher, de ne pas se coucher tout de suite devant le grand américain qui est arrivé avec un épouvantail", a déclaré Maxime Lombardini le directeur général d'Iliad lors d'un colloque organisé par l'Arcep. "Reprendre Netflix aux conditions de Netflix comme cela a été fait par les uns et par les autres ça ne nous paraît pas être une bonne idée", a-t-il ajouté.

Netflix n'accepterait de reverser aux opérateurs que 10% des revenus générés par ses abonnements dont les prix s'étalent de 7,99 à 11,99 euros par mois contre 30% en moyenne pour les acteurs français.

SFR, Orange et Bouygues Telecom n'ont pas communiqué les termes financiers de leur accord avec Netflix.

Maxime Lombardini a fait le parallèle avec l'essor des boxes fonctionnant avec l'interface Android de Google qui a été adoptée en France par SFR et plus récemment par Bouygues Telecom.

Cette expansion menace selon lui de remettre en question le contrôle que possédaient jusque-là les opérateurs télécoms français sur leurs boxes.

"Android sur les boxes c'est donner accès à nos boxes à Google. Demain quand on aura un parc Android sur la France entière, ce sera Google qui depuis Mountain View pourra décider de la VOD qui sera distribuée", a-t-il dit.

Reste à savoir combien de temps le groupe de Xavier Niel pourra camper sur ses positions si une partie de ses abonnés lui réclame un service qui est proposé par tous ses concurrents.

Orange a déclaré pour sa part discuter avec d'autres acteurs français en vue d'élaborer une plate-forme commune de vidéo à la demande par abonnement, une démarche qui pourrait être vue d'un bon oeil par le gouvernement qui veut promouvoir les offres légales pour contrer le piratage.

La création d'une telle plate-forme française de contenus a cependant plusieurs fois été évoquée par le passé sans jamais aboutir. (Gwénaëlle Barzic, édité par Matthieu Protard)