Une faiblesse prolongée pourrait contraindre Berlin à la relance

mercredi 8 octobre 2014 12h32
 

par Noah Barkin

BERLIN, 8 octobre (Reuters) - Une brusque récession en Allemagne serait sans doute un vrai coup dur pour l'Europe mais un accès de faiblesse de la première économie du bloc pourrait aussi être juste ce qu'il faut pour convaincre Angela Merkel de donner du mou à la politique budgétaire et ainsi apporter une bouffée d'oxygène tant espérée par des pays comme la France et l'Italie.

Jusqu'à présent, Berlin a fait de sa promesse d'un budget fédéral à l'équilibre en 2015 sa principale priorité économique. Cet objectif, fixé en 2013 par l'accord de coalition entre les conservateurs et les sociaux-démocrates du SPD, est considéré à Berlin comme le "saint Graal", une performance aux retombées politiques énormes pour les partenaires.

C'est en grande partie en raison des contraintes liées à cet objectif qu'Angela Merkel a rejeté à plusieurs reprises les appels en Allemagne et à l'extérieur à ouvrir les vannes de la dépense publique pour financer de grands travaux.

Seulement, si l'économie allemande, qui s'est contractée de 0,2% au deuxième trimestre, continue de faiblir l'année prochaine, Angela Merkel risque d'être contrainte à faire machine arrière et à accroître les investissements publics, comme le réclament la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire internationale (FMI).

"Si la seule facon de parvenir à un budget à l'équilibre est de procéder à des coupes qui aggraveraient une récession, (cet objectif) sera abandonné et nous verrons les dépenses augmenter", a déclaré un haut responsable allemand souhaitant rester anonyme.

Un proche de la chancelière a lui estimé: "si l'économie allemande faiblit considérablement, ça changera complètement la donne."

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