La BCE résolue à agir mais sans s'emballer-Weidmann

mardi 7 octobre 2014 19h31
 

FRANCFORT, 7 octobre (Reuters) - La Banque centrale européenne (BCE) a évolué vers une "philosophie d'assouplissement quantitatif" mais ne doit pas pour autant utiliser sur le champ les instruments non conventionnels qui restent à sa disposition, a déclaré Jens Weidmann, membre du conseil des gouverneurs.

La BCE a récemment souligné que le Conseil des gouverneurs était unanime dans son engagement à utiliser des instruments non conventionnels supplémentaires, dans le cadre de son mandat si l'inflation restait trop faible pendant trop longtemps.

L'institut d'émission a abaissé ses taux directeurs à des plus bas record et lancé un nouveau plan de soutien à la croissance représentant des milliards d'euros, sans aller jusqu'à imiter la politique de la Réserve fédérale américaine d'assouplissement quantitatif consistant à faire marcher la blanche à billets et à racheter des montagnes de dette souveraine.

Jens Weidmann, qui est président de la Bundesbank, a également exprimé sa crainte que les rachats par la BCE de milliards d'euros d'actifs du secteur privé ne l'entraînent à les payer au-dessus de leurs prix de marché et à transférer les risques des banques vers elle-même et finalement vers les contribuables.

Le président de la BCE Mario Draghi a annoncé qu'il souhaitait porter le bilan de la banque à ses niveaux atteints en 2012 - jusqu'à 1.000 milliards d'euros de plus que les niveaux actuels - via un nouveau plan de rachats d'actifs.

"Avec les récentes décisions, l'approche en matière de politique monétaire de la BCE a évolué de programmes visant spécifiquement un assouplissement du crédit vers une philosophie d'assouplissement quantitatif", a dit Weidmann au Wall Street Journal dans une interview publiée mardi.

"La politique monétaire ne peut pas régler les problèmes structurels de la zone euro et les risques pour la stabilité financière pourraient augmenter au fur et à mesure que les politiques monétaires souples se prolongent", a-t-il ajouté (Eva Taylor et Paul Carrel, Juliette Rouillon pour le service français, édité par Wilfrid Exbrayat)