UE-Moscovici ne fera pas d'exception sur les déficits

jeudi 2 octobre 2014 10h27
 

PARIS, 2 octobre (Reuters) - Pierre Moscovici, candidat désigné au poste de commissaire européen aux Affaires économiques, a assuré jeudi lors de son audition devant les parlementaires européens qu'il ne ferait d'exception pour aucun pays dans l'application des règles du pacte de stabilité.

"Je veux agir en Européen avant tout et le rôle du commissaire européen, c'est de défendre les règles, toutes les règles", a dit l'ancien ministre français des Finances en réponse aux interrogations des parlementaires sur sa capacité à faire respecter les critères européens en matière de déficit.

"J'aurai une boussole très claire, très simple : les règles, rien que les règles, toutes les règles", a-t-il ajouté.

"Et si un pays, quel qu'il soit, grand ou petit, quel que soit son statut présumé, est dans une procédure (NDLR : pour déficit excessif), je poursuivrai cette procédure."

La nomination de Pierre Moscovici, sorti du gouvernement lors du remaniement de mars, a suscité un certain scepticisme en raison de l'incapacité de la France à tenir ses objectifs de réduction du déficit public, y compris dans le budget 2015 présenté mercredi.( et )

L'ancien ministre a été interrogé à de nombreuses reprises sur le sujet et a tenté de rassurer les membres de la commission des Affaires économiques du Parlement.

"Un pays, fut-ce la France, doit respecter les règles, et mon rôle à moi, c'est de faire respecter les règles", a-t-il dit. "Apparemment, le projet présenté hier nécessite au moins un examen approfondi. Il faudra prendre des décisions, et bien, je les prendrai."

"Si un pays, dans une procédure de déficit excessif, ne prend pas les 'effective actions' prévues par les traités, ne prend pas les réformes structurelles prévues, alors là, il n'y a pas de doute, il faut poursuivre les procédures."

Le commissaire désigné, qui a dit vouloir traiter tous les pays membres de la zone euro de la même façon, a cependant rappelé qu'il fallait tenir compte des efforts structurels, au moins autant que du déficit nominal.

Il a en outre souligné que l'Allemagne avait eu besoin de dix ans pour passer d'"homme malade" de l'Europe à première puissance économique de l'UE. (Gregory Blachier, édité par Jean-Baptiste Vey)