Russie-Le FMI réduit de moitié sa prévision de croissance 2015

mercredi 1 octobre 2014 16h22
 

MOSCOU, 1er octobre (Reuters) - Le Fonds monétaire international (FMI) a réduit de moitié mercredi, à +0,5%, sa prévision de hausse du produit intérieur brut (PIB) de la Russie en 2015, évoquant les tensions internationales.

"Les incertitudes géopolitiques ont un impact direct et important sur l'économie russe", a déclaré aux journalistes le responsable de la mission du FMI en Russie, Antonio Spilimbergo.

Les sanctions adoptées par les Etats-Unis et l'Union européenne en raison de l'implication de la Russie dans le conflit en cours en Ukraine et les mesures de rétorsion prises par Moscou pèsent fortement sur son économie.

L'organisation de Washington a également pressé la banque centrale russe de durcir sa politique monétaire pour contenir les anticipations d'inflation. Le FMI prévoit une hausse supérieure à 8% des prix à la consommation cette année.

"La politique monétaire est très importante pour maintenir l'inflation à des niveaux conformes aux objectifs et il est important d'ancrer les anticipations d'inflation", a estimé Antonio Spilimbergo.

La banque centrale s'est fixé comme objectif une inflation de 4,5% en 2015, avec une marge de manoeuvre de plus ou mois 1,5%.

Le chef de la mission du FMI en Russie a appelé la banque centrale à relever ses taux et à les maintenir en territoire positif en termes réels, au-dessus de l'inflation.

"Nous recommandons un durcissement de la politique monétaire et en même temps de défendre la crédidibilité de la banque centrale", a-t-il dit.

Lors de sa dernière réunion de politique monétaire, en septembre, la banque de Russie a laissé ses principaux taux directeurs inchangés, le taux de prises en pension à une semaine demeurant à 8,0%.

Antonio Spilimbergo a également déclaré que le FMI soutenait la position de la banque centrale contre les restrictions sur les mouvements de capitaux transfrontaliers.

"La position de la banque centrale de Russie est contre le contrôle des capitaux", a-t-il dit. "Nous sommes d'accord. Aujourd'hui, cela ne serait pas utile et nous ne le recommandons pas." (Lidia Kelly, Mathilde Gardin pour le service français, édité par Véronique Tison)