Renzi affronte sa gauche en réformant le marché du travail

lundi 29 septembre 2014 17h29
 

par Roberto Landucci

ROME, 29 septembre (Reuters) - Le principal syndicat d'Italie, la CGIL, a menacé lundi de déclencher une grève en raison de la volonté de Matteo Renzi de supprimer des mesures de protection de l'emploi, un aspect essentiel de la réforme du marché du travail promise par le président du Conseil.

La menace a été proférée quelques heures seulement avant une réunion du Parti démocrate (PD), au cours de laquelle le chef du gouvernement devrait affronter l'aile gauche de sa formation qui soutient les syndicats.

"La CGIL est prête à faire grève", a déclaré à la presse la secrétaire générale de la Confédération générale italienne du Travail, Susanna Camusso, au sortir d'une rencontre avec les dirigeants des deux autres grands syndicats italiens, la CISL et l'UIL.

Elle avait déjà brandi cette menace ce mois-ci lors du début de l'examen de la réforme au Parlement.

Alors que l'ambitieux programme de réformes qu'il portait lors de son accession au pouvoir en février tarde à se concrétiser, Matteo Renzi joue une partie de sa crédibilité sur cette réforme du marché du travail. Avec une économie s'avançant vers une troisième année consécutive de contraction en 2014 et un taux de chômage atteignant des niveaux inédits depuis les années 1970, la création d'emplois est une priorité pour le président du Conseil.

Il accuse ses adversaires de livrer une bataille idéologique sur des règles obsolètes et injustes qui, à ses yeux, profitent aux salariés jouissant de la sécurité de l'emploi au détriment d'autres catégories condamnées à la précarité.

Les syndicats et une partie du PD, dont l'ancien président du Conseil Massimo D'Alema, lui reprochent en revanche de se soumettre aux injonctions des partenaires de l'Italie au sein de l'Union européenne, qui lui réclament de mettre en oeuvre une politique libérale.

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