16 juillet 2014 / 06:49 / il y a 3 ans

Japon-Premier feu vert à la réouverture d'une centrale nucléaire

TOKYO, 16 juillet (Reuters) - Une centrale nucléaire du sud du Japon a obtenu mercredi des autorités de sûreté du secteur un feu vert qui pourrait lui permettre d‘être la première installation nucléaire de l‘archipel à redémarrer depuis la catastrophe de Fukushima en mars 2011.

Alors que le Japon vit son premier été sans la moindre électricité nucléaire depuis une quarantaine d‘années, le Premier ministre, Shinzo Abe, s‘efforce de faire redémarrer certains des 48 réacteurs du pays pour réduire la dépendance de son pays aux combustibles fossiles importés.

L‘Autorité de régulation nucléaire (NRA) a accordé un visa provisoire de sûreté à la centrale de Sendai, exploitée par la compagnie Kyushu Electric et dans laquelle d‘importants travaux de modernisation et de sécurité ont été réalisés.

La centrale de Sendai, située à 980 km au sud-ouest de Tokyo, pourrait donc redémarrer au cours du trimestre septembre-novembre.

Les nouvelles normes auxquelles doivent se plier les exploitants de réacteurs nucléaires portent entre autres sur la protection face aux catastrophes naturelles, comme les séismes et les tsunamis.

Les 48 réacteurs japonais ont été arrêtés les uns après les autres suite au désastre de Fukushima et le tout dernier d‘entre eux l‘a été l‘an dernier.

La NRA, un organisme indépendant créé en 2012, avait jusqu‘à présent mis son veto à toutes les demandes de redémarrage déposées depuis plus d‘un an.

GREENPEACE PROTESTE, PÉTITION LOCALE

Kyushu Electric, déficitaire depuis trois ans et contrainte de solliciter une aide financière publique, prévoit d‘investir plus de 2,2 milliards d‘euros dans la modernisation de ses deux centrales du sud du Japon.

La décision rendue par la NRA pourrait accélérer l‘examen de cinq autres demandes de redémarrage concernant des réacteurs à eau pressurisée, du même type que ceux de Sendai, a déclaré le directeur de l‘autorité, Tomoya Ichimura. Neuf des compagnies d‘électricité du pays ont soumis des demandes concernant au total 19 réacteurs.

L‘organisation non-gouvernementale de défense de l‘environnement Greenpeace a immédiatement critiqué la décision de la NRA, jugeant dans un communiqué que cette dernière “ignorait les problèmes de sûreté non résolus et la montée de l‘opposition de l‘opinion publique”.

La centrale, ajoute Greenpeace, ne dispose d’“aucun plan efficace d‘évacuation de la population de la région, en particulier pour les personnes âgées, les enfants et les personnes hospitalisées, d‘aucun centre de réaction d‘urgence opérationnel protégé contre les radiations”.

Plus de la moitié des 30.000 habitants d‘Ichikikushikino, une ville côtière située à cinq km de Sendai, ont récemment signé une pétition contre le redémarrage du site.

S‘il est désormais envisageable de voir redémarrer certains réacteurs, il est très probable qu‘au moins deux tiers du parc nucléaire japonais ne respecteront jamais les nouvelles normes édictées après Fukushima, a montré en avril une enquête de Reuters. (Mari Saito et Kentaro Hamada; Marc Angrand pour le service français)

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