TAUX-Les marchés s'essaient à nouveau au risque après le blues de 2011
* Détente autour des pays périphériques
* Les adjudications de dette se sont bien passées
* Les primes de risque en baisse, pour combien de temps ?
par Raoul Sachs
PARIS, 20 janvier (Reuters) - "I feel good!" La phrase revient souvent dans les commentaires et traduit assez fidèlement le changement d'humeur des marchés qui semblent vouloir oublier le "blues" de 2011 pour passer au Rythm'n'Blues, plus joyeux, de James Brown.
Une semaine après la dégradation des notes de plusieurs émetteurs souverains de la zone euro par l'agence Standard & Poor's, dont celle de la France qui perd son triple A, de l'Espagne et de l'Italie, un mouvement vers la prise de risque, timide en début d'année, a gagné du terrain. Mais pour combien de temps?
Les taux des emprunts des pays dits périphériques se sont détendus, à l'exception du Portugal, dont la note a été dégradée dans la catégorie spéculative ("BB"), le marché du crédit s'est détendu et les actions montent, notamment celles des banques, terrassées l'année dernière par la crise de la dette souveraine en zone euro.
La France et l'Espagne ont quant à elles passé avec succès jeudi le premier test d'après-dégradation et placé sans difficulté respectivement 7,96 milliards d'euros et 6,6 milliards d'euros de dette à moyen et long terme à des conditions financières améliorées. (voir )
La crainte d'une crise systématique et d'une possible dépression économique qui s'ensuivrait a conduit la Banque centrale européenne (BCE), malgré un discours "germaniquement correct" selon les mots d'un gérant, à prendre des mesures qui s'écartent de son strict mandat et permettent de fournir des liquidités illimitées via des opérations de refinancement dont la durée a été portée à trois ans. Suite...

