La politique de la BCE nécessaire pour l'économie-Liikanen

jeudi 6 octobre 2016 11h22
 

HELSINKI, 6 octobre (Reuters) - La politique monétaire ultra-accommodante de la Banque centrale européenne est nécessaire pour soutenir l'activité dans la zone euro, a déclaré jeudi Erkki Liikanen, membre du conseil des gouverneurs de la BCE.

Les inquiétudes selon lesquelles les rachats d'actifs et les taux négatifs de la BCE créent des bulles spéculatives et fragilisent les banques doivent être dissipées par le biais de mesures d'un autre ordre que celui de la politique monétaire, a ajouté le gouverneur de la Banque de Finlande.

"Afin de soutenir l'économie et de ramener l'inflation vers son objectif, la politique monétaire est accommodante", a-t-il dit. "C'est le contexte dans lequel le faible niveau actuel des taux d'intérêt et le recours à des mesures non conventionnelles de politique monétaire sont nécessaires."

Le programme de rachats d'actifs de la BCE est censé prendre fin en mars prochain et l'institut de Francfort a entamé une réflexion sur les différentes modalités qui lui permettraient de poursuivre ces achats sans difficultés, face aux craintes de raréfaction des titres.

Erkki Liikanen a reconnu que cette politique d'assouplissement quantitatif (QE), orientée sur le marché obligataire, incitait les investisseurs à rechercher des rendements sur d'autres classes d'actifs, dont les prix pourraient ainsi artificiellement gonfler. Il a cependant jugé que tout excès devrait faire l'objet de mesures "macroprudentielles" spécifiques.

Ce genre de mesures consiste généralement en une limitation du crédit immobilier, pour éviter les bulles sur ce marché, et une restriction des risques que les institutions financières sont autorisées à prendre.

"Les instruments macroprudentiels sont en la matière les principaux instruments à manier", a dit Erkki Liikanen.

Il a relevé que les marges des banques souffraient de la politique de taux bas de la BCE mais, à ses yeux, il revient aux établissements financiers de s'adapter à ce contexte.

"Les taux bas soutiennent l'économie réelle (...) qui soutient directement les bénéfices des banques", a-t-il dit. "C'est aussi aux banques elles-mêmes d'ajuster leur modèle d'entreprise pour maintenir leur rentabilité dans un environnement en évolution." (Jussi Rosendahl; Bertrand Boucey pour le service français, édité par Véronique Tison)