STRATEGIE-Invesco renforce les actifs risqués, cash réduit au minimum

mercredi 5 octobre 2016 12h23
 

PARIS, 5 octobre (Reuters) - **Invesco a renforcé le poids des actifs risqués dans ses portefeuilles diversifiés au cours de l'été et réduit le cash au minimum, tablant sur une poursuite des politiques monétaires accommodantes et des achats d'actifs par les banques centrales.

**Nous abordons la deuxième moitié de l'année avec des portefeuilles bien investis", a déclaré Bernard Aybran, directeur de la multigestion de la société de gestion. Il a ajouté que "les positions conservées en cash et instruments monétaires demeurent minimales tant que les grands marchés ne se trouvent pas en zone de sur-achat."

**Il a souligné que les valorisations relatives procuraient un certain avantage aux actions par rapport aux marchés obligataires et que les marchés occidentaux - américains et européens - continuaient à représenter la majeure partie des expositions.

**Invesco a toutefois reconstitué des positions sur les marchés émergents, asiatiques en particulier, et Bernard Aybran a rappelé la forte corrélation entre la croissance des bénéfices des entreprises des pays émergents et l'évolution des cours des matières premières.

**Il a relevé que si les sociétés américaines restaient dans l'ensemble tout à fait rentables, elles avaient, au cours de la période de juin 2015 à juin 2016, consacré 71% de leurs bénéfices à des rachats d'actions, une proportion qui atteint 123% si l'on prend en compte les dividendes versés. "Leurs valorisations restent élevés d'autant que leurs bénéfices ne parviennent plus à croître", a-t-il souligné.

**Concernant les valeurs européennes, Invesco estime qu'elles sont plus abordables mais que les perspectives de croissance des bénéfices ont encore été remises à l'année prochaine. La société de gestion continue à privilégier les actifs plus cycliques malgré les turbulences enregistrées au mois de septembre, notamment sur Deutsche Bank et le secteur bancaire en général. "Bien que ce dernier soit confronté à des défis structurels, voire existentiels, il semble que le pessimisme reflété par les valorisations soit excessif", estime Invesco.

**Sur l'obligataire, la société de gestion est neutre sur les emprunts d'Etat et les obligations d'entreprises. Pour les premières, elle juge faible le potentiel d'appréciation au vu des niveaux de taux, même si une remontée brutale de ceux-ci ne paraît pas à l'ordre du jour. Sur les secondes, les injections massives de liquidités des banques centrales alimentent une baisse des primes de risque qui ne suggère pas un potentiel de hausse très important.

**Invesco a une opinion négative sur le haut rendement pour lequel "le niveau actuel des primes implique que beaucoup de bonnes nouvelles sont déjà intégrées par le marché" et sur la dette émergente en raison du risque politique toujours très présent sur cette classe d'actifs.

**En dépit d'un consensus grandissant concernant une hausse des taux par la Réserve fédérale américaine au mois de décembre, cette "éventualité est loin d'être acquise", ce dont devraient bénéficier les actifs risqués, estime la société de gestion. Elle souligne, par ailleurs, que les grandes banques centrales achètent désormais pour environ 200 milliards d'euros d'actifs financiers par mois, continuant d'offrir un support de liquidité à moyen terme pour les marchés.

(Marc Joanny, édité par Marc Angrand)