France-Rebond des investissements des collectivités locales-S&P

mardi 4 octobre 2016 18h02
 

PARIS, 4 octobre (Reuters) - Les investissements des collectivités locales françaises devraient retrouver une évolution légèrement positive cette année et l'an prochain sans pour autant dégrader leur solidité financière, estime Standard & Poor's.

Dans une étude publiée mercredi, l'agence de notation revoit en nette hausse ses prévisions, alors qu'elle tablait en février sur un recul de ces investissements en 2016 au même rythme que ces deux dernières années (-6%) avant un léger mieux (-3,5%) en 2017.

Elle escompte dans le même temps une épargne brute des collectivités, la différence entre les recettes et les dépenses de fonctionnement, en léger retrait mais qui se maintiendra au-dessus de 12% du total des recettes en 2017. Elle le voyait auparavant passer sous 10%, soit trois points de moins qu'en 2015 et sept de moins par rapport au début de la décennie.

S&P fonde cette révision sur des recettes de fonctionnement plus importantes, grâce notamment à une poursuite de la croissance "exceptionnelle" du produit des droits de mutation (+15% contre +1,5% prévu auparavant).

S'y ajoutent des dépenses de fonctionnement moins élevées, partant d'une base moins importante en 2015 mais avec aussi une baisse des dépenses liées au Revenu de solidarité active pour les départements et des charges financières inférieures aux attentes du fait de la faiblesse des taux d'intérêt.

Le bloc communal (communes et intercommunalités) devrait fournir l'essentiel de l'effort d'investissement supplémentaire après que le gouvernement a réduit sa contribution à l'effort de redressement des comptes publics et reconduit un fonds de soutien à l'investissement local.

Le tout permettrait de limiter le recours aux nouveaux emprunts à 16 milliards d'euros en 2016 et 17 à 18 milliards en 2017 (contre respectivement 18 et 19 milliards prévu précédemment).

Dès lors, le taux d'endettement des collectivités, qui ont contribué l'an passé à la moitié de la baisse du déficit public de la France, resterait proche de 76% de leurs recettes de fonctionnement en 2017, soit quatre points de moins qu'escompté en début d'année.

Au-delà de 2017, S&P souligne qu'elles resteront confrontées à d'importantes incertitudes, à commencer par de nouvelles baisses potentielles des dotations de l'Etat, déjà réduites de 20% depuis 2013.

Si elles disposent encore de marges de manoeuvre en cas de besoin, celles-ci sont plus limitées qu'auparavant. L'agence relève ainsi que les dépenses d'investissement, le principal levier d'ajustement budgétaire utilisé ces dernières années, ont atteint en 2015 leur plus bas niveau depuis dix ans. (Yann Le Guernigou, édité par Yves Clarisse)