October 3, 2016 / 10:07 AM / 10 months ago

GRAPHES-La livre, couverture contre le risque bancaire, politique européen ?

5 MINUTES DE LECTURE

* Nouveaux plus bas et regain de volatilité pour la livre:

* bit.ly/2dm2maC

* Risques souverains relatifs GB-Zone euro et GBP-EUR divergent

* bit.ly/2dBbvcl

* Mais l'amélioration du risque souverain britannique est limitée:

* bit.ly/2cMUJX1

PARIS, 3 octobre (Reuters) - La livre sterling a touché de nouveaux plus bas lundi et connaît un regain de volatilité en raison des inquiétudes des investisseurs sur les modalités de la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne (Brexit), qui vont à l'encontre du rôle dévolu à la devise de couverture potentielle contre les risques bancaires et politiques en Europe continentale.

La devise britannique est tombée à un plus bas de trois ans contre l'euro et de trois mois contre le dollar après que la Première ministre Theresa May a dit dimanche que la Grande-Bretagne invoquerait avant la fin mars 2017 l'article 50 du Traité européen, qui lance le processus effectif de sortie de l'UE.

La livre se rapproche ainsi du plus bas de 31 ans contre la devise américaine qu'elle a atteint le 6 juillet dans la foulée du référendum du 23 juin sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne.

La volatilité des options sur le sterling-dollar à un mois et six mois s'est aussi tendue, même si elle reste nettement inférieure aux niveaux atteints avant le référendum.

Graphiques sur l'évolution de la livre sterling contre l'euro et le dollar et sur la volatilité des options sterling-dollar: bit.ly/2dm2maC

Au delà des précisions sur le calendrier du Brexit, les investisseurs s'inquiètent surtout des modalités de sortie du Royaume-Uni de l'UE et de l'éventualité d'un "hard Brexit", qui verrait Londres renoncer aux avantages du marché unique européen en contrepartie d'une souveraineté retrouvée en matière de politique migratoire.

Au regard de l'appréciation relative du risque souverain britannique et de la zone euro par les marchés, mesurée par l'évolution des dérivés sur le risque de défaut souverain à cinq ans de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne, la livre est nettement sous-évaluée par rapport à l'euro.

Graphique sur les risques souverains relatifs GB-Zone euro et la livre sterling en euro: bit.ly/2dBbvcl

Alors que le risque souverain relatif et le taux de change sterling-euro ont évolué en parallèle depuis l'automne 2015, ils n'ont cessé de diverger depuis le mois d'août.

L'appréciation relative du risque souverain valoriserait le sterling à 1,30 euro contre moins de 1,15 actuellement .

Pour les analystes changes de Bank of America Merrill Lynch, la volatilité de l'euro pourrait augmenter du fait d'une sous-estimation par le marché des risques politiques au sein de la zone euro et de ceux liés à la recapitalisation des banques.

Ils estiment ainsi que la possibilité d'un rejet de la réforme constitutionnelle en Italie lors du référendum prévu le 4 décembre n'a pas été suffisamment prise en compte par les investisseurs, même si le gouvernement italien a exclu de démissionner quel que soit le résultat du scrutin.

Ils préviennent aussi que les risques liés à la recapitalisation des banques européennes, illustrés notamment par les déboires boursiers de Deutsche Bank, peuvent contribuer à une fuite des capitaux dont bénéficierait la livre.

Mais le nouvel accès de faiblesse de livre peut aussi refléter l'anticipation par le marché de l'évolution relative des risques souverains de la Grande-Bretagne et de l'Allemagne.

Si le coût d'une couverture contre un risque de défaut souverain à cinq ans est resté relativement stable pour l'Allemagne depuis l'automne 2015, il a nettement augmenté pour la Grande-Bretagne jusqu'au référendum sur le Brexit, avant de reculer depuis.

Graphique sur l'évolution CDS souverain à cinq ans de l'Allemagne et de la Grande-Bretagne :

bit.ly/2cMUJX1

Une possible augmentation du coût d'assurance contre un risque de défaut de l'Allemagne lié aux besoins de recapitalisation des banques allemandes et de la Deutsche Bank en particulier pourrait toutefois être bien inférieure à celle qu'entraînerait un "hard Brexit" pour celui de la Grande-Bretagne, en raison notamment de la dépendance de cette dernière aux financements extérieurs.

La Grande-Bretagne se caractérise en effet par un double déficit - des finances publics et des comptes courants - qui, rapporté au produit intérieur brut (PIB), se situe parmi les plus élevés des pays de l'OCDE. Une situation qui réduit à la fois ses marges de manoeuvre budgétaires et la capacité de rebond de la livre.

Graphique sur le double déficit dans une sélection de pays de l'OCDE : bit.ly/2cxCWYr

Marc Joanny, édité par Marc Angrand

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