L'Afep-Medef critique la double rémunération de Ghosn-Echos

vendredi 27 mai 2016 10h51
 

PARIS, 27 mai (Reuters) - Le haut comité de gouvernement d'entreprise (HCGE) de l'Afep- Medef a critiqué le montant de la rémunération globale du PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn dans son courrier adressé le 19 mai à Renault et que s'est procuré le quotidien économique Les Echos.

Le gendarme de l'Afep et du Medef avait publié ce même jour un communiqué où il disait avoir recommandé au constructeur français "des évolutions significatives du mode de rémunération" de son dirigeant, après la décision du conseil d'administration de Renault de maintenir les 7,2 millions de rémunération octroyés à Carlos Ghosn au titre de 2015 malgré un vote négatif des actionnaires, fin avril, lors de l'assemblée générale

Le quotidien écrit vendredi que dans son courrier confidentiel, le haut comité ne met pas seulement en cause le montant de la rémunération de Carlos Ghosn chez Renault, mais aussi le cumul avec les huit millions d'euros de rémunération qu'il touche en tant que dirigeant de Nissan, dont le groupe français détient 43,4%.

"Le haut comité de gouvernement d'entreprise de l'Afep- Medef, met directement en cause le montant de la rémunération globale du double PDG, "source selon lui de l'opposition des actionnaires", écrit Les Echos. Le HCGE milite pour une vision plus "exhaustive" du package de Carlos Ghosn et demande à ce que le groupe justifie "soigneusement" comment, en terme de disponibilité, la direction "peut être exercée par une seule personne" à plein temps, ajoute le quotidien.

Un porte-parole de Renault a refusé de faire un commentaire.

Dans une interview publiée jeudi dernier par Le Figaro, le président du comité des rémunérations de Renault, l'ancien gérant d'Hermès Patrick Thomas avait estimé qu'il serait en mesure de présenter de nouvelles modalités de rémunération dans les prochaines semaines ou les prochains mois.

Il n'avait pas précisé si ces changements auraient un effet rétroactif sur le montant de la rémunération de Carlos Ghosn au titre de 2015, et il n'avait pas évoqué la question de la rémunération du PDG au titre de ses fonctions chez Nissan. (Gilles Guillaume, édité par Jean-Michel Bélot)