23 mai 2016 / 16:47 / il y a un an

LEAD 3-France-Des stations sans essence, "un chantage" selon Valls

* Pour Manuel Valls, la CGT est à la "dérive"

* La CGT affirme que six raffineries sur huit sont affectées

* Les terminaux pétroliers de Fos-sur-Mer et de Lavéra bloqués

* Michel Sapin annonce qu'il n'y aura pas d'"indulgence" (Actualisé avec terminal du Havre §10 et stations Total §16)

PARIS, 23 mai (Reuters) - Manuel Valls a qualifié lundi de "chantage" les actions des syndicats qui bloquent la plupart des raffineries françaises et plusieurs dépôts de carburant, tout en assurant qu'il n'y avait pour l'heure aucune raison de céder à la "panique".

Ces blocages ont à nouveau perturbé lundi les approvisionnements des stations-service - 20% environ ont connu des difficultés ou ont dû fermer selon le gouvernement - et poussé de nombreux automobilistes à prendre d'assaut les pompes à essence.

Les syndicats les plus opposés à la réforme du Code du travail, CGT en tête, voient là un moyen de poursuivre la contestation entamée il y a trois mois.

"Cela va durer au moins la semaine", a déclaré sur RMC Emmanuel Lépine, responsable de la branche pétrole de la CGT. "Il n'y a qu'une manière de débloquer la situation, c'est de retirer la loi Travail, c'est très simple", a-t-il ajouté.

Selon Manuel Valls, ce procédé relève du "chantage" et traduit une "dérive de la CGT, en tout cas d'une partie d'entre elle".

"Il peut y avoir des contestations, elles sont légitimes et nous maintenons le dialogue (...). Mais nous ne pouvons accepter aucun chantage au carburant mettant en difficulté demain les usagers ou notre économie", a déclaré le Premier ministre, en visite en Israël et dans les territoires palestiniens.

"Je veux une nouvelle fois rassurer les Français, leur dire que l'Etat fait preuve d'une grande fermeté pour qu'il n'y ait pas de pénurie de carburant", a ajouté le chef du gouvernement.

DÉBLOCAGE DES SITES

Rappelant que les forces de l'ordre étaient intervenues ces derniers jours pour débloquer plusieurs dépôts de carburant, il a affirmé que "d'autres sites, d'autres dépôts ser(aient) libérés, autant que nécessaire".

Sur huit raffineries en France métropolitaine, six sont affectées par le mouvement, selon la CGT.

Lundi soir, les salariés de la Compagnie industrielle et maritime (CIM) du terminal pétrolier du Havre, par lequel transite une partie des importations françaises, ont voté à 95% en faveur de la grève, a-t-on appris auprès du syndicat.

Plusieurs centaines de militants CGT ont bloqué dans la nuit le dépôt pétrolier de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), prélude, selon le syndicat, à des actions pour arrêter la production sur l'ensemble du complexe pétrochimique de l'étang de Berre, avec les raffineries de Total à La Mède et Ineos à Lavéra.

Les salariés du site de Grandpuits, en Seine-et-Marne, ont quant à eux voté lundi l'arrêt de la production de cette raffinerie, la plus petite des cinq exploitées par Total en France, mais la plus proche de Paris.

Un mouvement de grève de 24 heures reconductible a par ailleurs été déclenché lundi chez Fluxel, le gestionnaire des terminaux pétroliers de Fos-sur-Mer et de Lavéra, dans les Bouches-du-Rhône.

"Aucun navire n'est opéré sur ces installations", a déclaré à Reuters le secrétaire général CGT du port de Marseille, Pascal Galéoté.

"BOMBER LE TORSE"

Les deux ports pétroliers de Fos-Lavéra desservent directement les raffineries du complexe pétrochimique de l'étang de Berre (Petroinéos à Lavéra, Total à la Mède et Esso à Fos), mais aussi par pipeline celles de Feyzin (France), de Cressier (Suisse) et de Karlsruhe (Allemagne).

Selon Total, qui exploite 2.200 stations-service, 678 d'entre elles se trouvaient lundi en rupture partielle ou complète d'approvisionnement.

Une application et un site internet lancés par des automobilistes recensent les stations à court de carburant, partiellement ou totalement - beaucoup se trouvent dans un grand quart nord-ouest de la France, mais les pénuries s'étendent à d'autres zones.

Selon le ministre des Finances Michel Sapin, qui s'exprimait dans la matinée sur iTELE, les opérations menées par les syndicats sont "illégitimes".

"Quand quelque chose n'est plus légitime, il n'y a plus de soutien et il n'y aura évidemment pas la moindre indulgence de la part du gouvernement", a-t-il ajouté.

Sur RTL, le secrétaire général de la CGT, Philippe Martinez a mis en cause en retour la responsabilité du gouvernement pour l'absence de dialogue.

"Face à ce que nous on demande, c'est-à-dire l'écoute de ceux qui ne sont pas contents, on choisit de bomber le torse, de gonfler les muscles. C'est une position qui conforte ce qu'on connaît depuis un petit moment, pas de dialogue. Que le gouvernement écoute et que le président de la République écoute plutôt que de choisir la force", a-t-il dit. (Yann Le Guernigou et Simon Carraud, avec Jean-François Rosnoblet à Marseille)

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