France-Fessenheim, le "grand chelem" de l'erreur, selon Sarkozy

lundi 23 mai 2016 18h10
 

FESSENHEIM, Haut-Rhin, 23 mai (Reuters) - Nicolas Sarkozy a qualifié lundi de "grand chelem de l'erreur" la décision gouvernementale de fermer la centrale nucléaire de Fessenheim dans le cadre de la loi qui prévoit de ramener la part de l'électricité d'origine nucléaire à 50% d'ici 2025.

Venu à la rencontre des salariés du site alsacien en tant que chef du parti Les Républicains, l'ancien président a réitéré sa promesse d'annuler cette fermeture ainsi que les dispositions de la loi, en cas d'alternance politique en 2017.

"On va être obligés d'importer de l'électricité d'Allemagne, c'est-à-dire d'importer de l'électricité venant de centrales à charbon", a-t-il pronostiqué.

"Alors là, on aura fait le grand chelem de l'erreur : fermer Fessenheim, déstabiliser EDF, ridiculiser nos ingénieurs, détruire la filière nucléaire française, ne plus être au rendez-vous de nos engagements en matière (d'émissions) de CO2 et devenir dépendants de l'Allemagne pour faire fonctionner des centrales à charbon dont l'Europe ne veut plus."

Il a qualifié "d'insulte" à l'entreprise et à ses salariés les 80 à 100 millions d'euros que la ministre de l'Environnement, Ségolène Royal, propose à EDF pour compenser la fermeture des deux plus âgés de ses 58 réacteurs.

"Pour la totalité des experts qui se sont penchés sur la centrale, c'est entre deux et trois milliards d'euros", a-t-il dit, évoquant le rapport parlementaire de septembre 2014 qui évaluait à 4 milliards d'euros l'indemnité possible pour EDF.

"Fessenheim, sur vingt ans, peut rapporter au budget français, sept milliards d'euros", a-t-il ajouté, sous-entendant que les installations mises en service en 1977 passeraient avec succès les deux prochaines visites décennales.

En réponse à la question d'un ingénieur sur l'avenir d'EDF, en graves difficultés financières dues à des investissements massifs dans les centrales nucléaires EPR, il s'est dit favorable à une ouverture du capital de l'entreprise publique à condition que l'Etat ne soit pas être minoritaire.

Nicolas Sarkozy s'est également prononcé pour la fin des subventions à la production d'énergies renouvelables, via un tarif d'achat réglementé et pour donner à l'électricien la possibilité de fixer lui-même ses prix de vente.

Nicolas Sarkozy, dans son intervention, s'est autorisé une pique en direction des syndicats et implicitement de la CGT qui avait appelé à le faire battre en 2012.

"En 2012, on ne peut pas dire que j'avais tenu un discours qui n'était pas franc. Dans la vie, on est tous responsables de nos actes. Il y a ceux qui ont aidé François Hollande avec le projet qui était le sien et il y a ceux qui l'ont combattu." (Gilbert Reilhac, édité par Yves Clarisse)