Pékin veut assainir le secteur financier en ligne-sources

vendredi 20 mai 2016 12h03
 

PEKIN, 20 mai (Reuters) - Le gouvernement chinois a adopté un plan d'assainissement du secteur financier en ligne, selon des sources proches du dossier.

Rédigé par la Banque populaire de Chine (BPC), le plan gouvernemental encadre en particulier les plateformes de finance participative (P2P), objet de récents scandales.

Ces plateformes ont vu leurs opérations augmenter de 300% en 2015 pour atteindre 440 milliards de yuans (60 milliards d'euros), selon Citigroup.

Dorénavant, ces plateformes ne pourront plus conserver les fonds de leur clientèle, qui devront être déposés dans un établissement bancaire certifié et distingués des capitaux propres de la plate-forme.

Les autorités chinoises ont arrêté en février 21 salariés d'Ezubao, jadis la première plate-forme P2P chinoise, qui avait collecté en moins de deux ans 7,6 milliards de dollars auprès de plus de 900.000 investisseurs. Ezubao finançait en réalité une "pyramide de Ponzi totale", avaient alors dit les autorités, grâce à laquelle ses responsables menaient grand train avec l'argent des investisseurs.

Le financement participatif est également pointé du doigt ailleurs qu'en Chine. C'est ainsi que le département de la Justice des Etats-Unis a ouvert une enquête sur la plate-forme américaine Lending Club, dont le PDG a démissionné.

Pékin veut également créer un registre centralisé des produits financiers en ligne ainsi qu'une plate-forme unique des comptes en banque sur internet. Son projet limite également les opérations que les plateformes financières en ligne peuvent entreprendre sans licence.

Le gouvernement chinois prône enfin la création d'un organe supervisé par la BPC et regroupant des membres des régulateurs de la banque, de la Bourse et de l'assurance, ainsi que de l'Administration publique de l'Industrie et du Commerce et du ministère du Logement et du Développement urbain et rural.

Il est demandé à ces différentes autorités d'avoir bouclé leurs investigations sur le terrain d'ici juillet et d'avoir assaini le secteur de fond en comble d'ici novembre, permettant au Conseil d'Etat, l'équivalent du conseil des ministres, de produire un rapport d'ici mars 2017.

La BPC et le Conseil d'Etat n'ont pas réagi dans l'immédiat aux demandes de commentaires.

(Shu Zhang, Zheng Li et Matthew Miller, avec Rong Ma, Elias Glenn et le Bureau de Pékin, Wilfrid Exbrayat pour le service français, édité par Marc Joanny)