20 mai 2016 / 08:37 / il y a un an

RPT-LEAD 2-L'armée égyptienne a retrouvé des débris de l'A320 d'EgyptAir

* Découverte de débris à 290 km au nord d'Alexandrie

* Des enquêteurs français sont arrivés au Caire

* Aucune hypothèse n'est écartée, ni privilégiée

* L'aéroport international de Los Angeles renforce les mesures de sécurité (Répétition mastic §4)

par Ahmed Aboulenein

LE CAIRE/ATHENES, 20 mai (Reuters) - L'armée égyptienne a retrouvé en Méditerranée des effets personnels de passagers et des débris de l'Airbus A320 d'EgyptAir disparu jeudi, a annoncé Le Caire, confirmant que l'appareil s'était abîmé en mer avec 66 personnes à bord.

La marine a précisé avoir découvert ces débris et ces effets personnels à environ 290 km au nord de la ville côtière d'Alexandrie, ajoutant qu'elle continuait d'inspecter la zone pour tenter de repérer les boites noires de l'avion.

Le président Abdel Fattah al Sissi a exprimé ses condoléances aux familles de toutes les personnes qui se trouvaient à bord de l'avion, confirmant de fait officiellement leur décès.

Si certains responsables ont évoqué la piste du terrorisme djihadiste, sept mois après l'attentat à la bombe qui a coûté la vie aux 224 passagers et membres d'équipage d'un avion russe qui venait de décoller d'Egypte, aucune revendication n'a été formulée plus de 24 heures après la disparition du vol MS804 d'EgyptAir, qui assurait la liaison Paris-Le Caire.

Trois inspecteurs du bureau enquêtes et analyse de l'aviation civile (BEA) et un expert d'Airbus sont arrivés en début de journée au Caire pour coopérer avec les enquêteurs égyptiens, a-t-on appris de sources aéroportuaires.

Le Premier ministre égyptien, Chérif Ismaïl, a déclaré jeudi qu'il était trop tôt pour avancer la moindre explication, y compris celle d'un attentat comparable à celui d'octobre dernier contre un l'avion russe. Son ministre de l'Aviation civile, Chérif Fathi, a estimé néanmoins que l'hypothèse d'un acte terroriste était plus probable que celle d'une défaillance technique.

COMMISSION D'ENQUÊTE EN EGYPTE

Jeudi, la confusion a régné pendant plusieurs heures sur la découverte en mer d'éventuels débris de l'avion, des responsables égyptiens annonçant dans un premier temps que les autorités grecques avaient retrouvé des "objets flottants", avant de démentir.

Abdel Fattah al Sissi a ordonné qu'une commission d'enquête formée par le ministère de l'Aviation civile entame immédiatement des investigations sur les causes de la disparition de l'avion.

Selon des responsables américains, l'examen des images satellites n'a pas fourni pour le moment d'élément permettant de parler d'une explosion de l'A320 d'EgyptAir, à bord duquel se trouvaient 66 personnes - 56 passagers, sept membres d'équipage et trois agents de sécurité. Parmi les passagers - dont deux bébés et un enfant - figuraient 30 Égyptiens, 15 Français, et des ressortissants de dix autres pays, a précisé EgyptAir.

Les Etats-Unis, ont dit ces responsables américains, n'excluent aucune possibilité, que ce soit une défaillance technique, un acte terroriste ou un acte délibéré du pilote ou bien d'un ou de plusieurs membres de l'équipage.

Cette incertitude a conduit l'aéroport international de Los Angeles à renforcer ses mesures de sécurité.

"Toutes les hypothèses sont examinées mais aucune n'est privilégiée car nous n'avons absolument aucune indication sur les causes", a déclaré vendredi le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Marc Ayrault, à France 2.

LES FAMILLES REÇUES SAMEDI AU QUAI D'ORSAY

Paris a affecté aux recherches un Falcon 50 de reconnaissance jusqu'alors assigné à la mission européenne de lutte contre le trafic illicite de migrants en Méditerranée. La marine française devait également envoyer un avion plus grand, un Atlantique 2, et un navire de patrouille.

La France est également prête à s'associer aux recherches sous-marines lorsque l'épave aura été localisée, a précisé le secrétaire d'Etat aux Transports, Alain Vidalies, sur France Info.

Conformément aux règles internationales en la matière, la responsabilité de l'enquête sur les causes du crash relève de l'Egypte mais la France y est associée, tout comme les Etats-Unis, pays d'origine des réacteurs de l'Airbus.

A Paris, le parquet a parallèlement ouvert une enquête sur la disparition du vol MS804.

Le ministre grec de la Défense, Panos Kammenos, a expliqué jeudi que l'appareil avait viré de 90° vers la gauche, puis effectué une rotation complète et plongé, passant alors de 37.000 pieds d'altitude à 15.000 (de 11.470 à 4.650 mètres), avant de disparaître des écrans radar grecs, sans que rien ne puisse expliquer dans l'immédiat ces oscillations de cap.

Les contrôleurs aériens grecs ont parlé au pilote alors que l'appareil survolait l'île de Kea, et aucun problème n'a alors été signalé. Ensuite, alors que le relais devait être passé peu après aux contrôleurs aériens égyptiens, les derniers appels des Grecs sont restés sans réponse.

A l'aéroport du Caire, des familles de victimes attendaient toujours vendredi des explications sur la disparition de leurs proches. En France, Jean-Marc Ayrault a précisé qu'il recevrait samedi au Quai d'Orsay les représentants de familles de victimes, les ambassadeurs des pays concernés et des membres des services participant à l'enquête. (avec Emmanuel Jarry, Eric Faye et Marc Angrand pour le service français)

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